Des amis de voyage habitant Brasilia m’invitent à passer à la chapada Veadeiro, un parc national à quelques heures de la capitale. Quelques jours fériés cette mi-juin, parfait pour visiter cette merveille naturelle du Brésil.
Je réussis à prendre mon vol, une veille de férié pluvieuse ou le cumul de bouchons atteint un record de plus de 300km a Sao Paulo. Vive le check-in online. Les amis viennent me chercher à l’aéroport. Première impression : la température est bien plus agréable qu’a sao paulo. On passe en voiture dans les « ailes » du centre-ville, par des grandes avenues devant des bâtiments imposants. Brasilia est bien différente des villes brésiliennes que je connais.
Congresso nacional - Brasilia
En à peine 1000 jours Brasilia s’est élevée du cerrado, la savane locale.
Deux traits dans le sable pour donner vie a l’oiseau de béton, à l’instigation d’un président qui laissera sa marque dans l’histoire, Juscelino Kubitschek, ou JK des initiales marquantes pour un président… Développer l’activité économique dans l’intérieur du pays, ne pas favoriser une des deux rivales Rio ou Sao Paulo, le projet est ambitieux et cohérent.
Les deux axes: naissance de Brasilia 1957
Au XIXè siècle, un prêtre italien eut le rêve d’une terre prometteuse de richesse et de prospérité près d’un lac entre les parallèles 15 et 20 de l’hémisphère sud. Brasilia se place idéalement pour donner corps au songe et prendre une dimension mystique. Les communautés de tout genre gravitent autour de la ville idéale, avec des cultes ésotériques ou des lieux célèbres pour l’observation des OVNI.
On passe la soirée a la périphérie de la ville dans une petite maison du mato (la foret). La bande de potes est cool, des maconheiros (fumeur de beu) alternatifs a l’esprit rock. Déjà près de la maison de Dan on retrouve cet esprit spirituel. Presque toutes les maisons le long du chemin menant à une petite cascade sont décorées de signes zen, abritent des cultes bouddhistes ou des salons de massages.
On se rend à Calvacante, un village dans la chapada, bien différent de Alto Paraiso l’entrée la plus proche et la plus touristique.
Le paysage sec du cerrado défile le long de la route
Le village est vraiment tranquille, on a une petite maison pour nous, idéal pour les barbecues dans le jardin et les jeux de société dans le salon.
La galera de Brasilia
On rentre dans le cœur de la chapada par des petites routes de terre rouge en laissant un nuage de poussière. On fait une pause a un point de vue. L’observation silencieuse sur la vallée en contrebas est rompue par deux gros aras bleu et jaunes qui passent au-dessus de nos têtes et vont se perdre dans les arbres. Incroyable, des objets volants si gros et si colorés, on est bien dans un pays tropical ! pas eu le temps de dégainer l’appareil photo tellement je trouvais cela irréel !
En entrant dans la Chapada, la plaine d'un vert agréable
Dans les petits chemins du cerrado
Les routes rouges de la Chapada Veadeiro
C’est agréable de gambader dans le cerrado, j’y retrouve un petit air de provence. La végétation particulière est composée de prairies avec de grandes fleurs, d’innombrables espèces de palmiers et d’arbustes. On doit voyager avec un guide qui nous emmène sur les chemins de différentes cascades. Pas indispensable à la survie, mais l’aide du tourisme contribue au développement local des Kalungas, peuple descendant des esclaves noirs ayant fui les mines d’or et les grands domaines terriens pour se réfugier dans la serra.
Bufalos! chaud devant!
Les Quilombolas comme on les nomme dans le Brésil entier. Les Kalungas vivent dans des village proches de Calvacante, des huttes d’une grande simplicité. On s’arrête déjeuner dans une de ces maisons, au milieu des herbes hautes. L’accueil y est chaleureux et le pastel de carne est délicieux.
Notre hote Kalunga, gracieuse et humble
L’intérêt principal de la chapada réside dans les cascades. Hé oui encore des cachoeiras brésiliennes ! J’en aurais vues des plus impressionnantes certes, mais celles-ci ont une eau bleue pure attrayante par ce joli jour ensoleillé. Et nous sommes les seuls sur la moitié des sites que nous visitons. Le bain est un délice après la marche, la sérénité du lieu est rapidement profanée par une douzaine sautant dans l’eau. Les dernières cascades forment de larges rideaux d’eau, des hydro massages bien détendants avant de revenir faire un barbec a la maison.
Petite cascade bleue de la Chapada Veadeiro
Je rentre à Brasilia, a 3-4 h de route de Calvacante, plus tôt que les autres car mon avion repart pour Sao Paulo dans l’après-midi du dimanche. Je me lève à l’aurore pour prendre le bus, j’ai envie de profiter de la journée pour visiter Brasilia. Le lever de soleil offre des couleurs superbes.
lever de soleil a Calvacante
Une journée avec un soleil radieux. Je laisse mes affaires chez une amie et me balade avec elle dans la ville. L’impression est étrange lorsqu’on parcourt Brasilia. Les grands espaces, les ponts et aménagements qui se succèdent à l’identique, la symétrie et la dimension géométrique des bâtiments, des routes inspire une certaine harmonie de ville futuriste, d’une autre planète. Une impression de vide aussi, d’un excès de rationalité dans un urbanisme né d’équations cartésiennes.
Brasilia géométrique
Je reprends mon sac et me dirige vers le centre. J’ai déjà passé le quartier des hôtels. Ce sont des hôtels d’affaires aux prix élevés. Le guide situe les pousadas dans l’aile sud, la via W3 Sul, entre la 504e et la 508e .
plan de Brasilia: deux axes, deux ailes
Je marche dans ladite avenue une heure durant. Je ne trouve aucune enseigne de pousada. Par moment, je me retourne car je ne me sens pas tellement en sécurité. La première fois que je marche seul a 9h du soir en plein centre d’une ville brésilienne ! L’impression est bien étrange. Je me renseigne auprès d’un taxi qui me donne une adresse, étonnant j’étais passé devant. J’y retourne. Aucun panneau. Je sonne. On m’ouvre et me présente la derniere chambre libre. Des cloisons en plastique séparent la chambre du garage d’où l’on entend les bus vrombissant depuis la rue. Ok, je comprends pourquoi les pousadas ont été déclarées illégales si elles ressemblent toutes a celle-la !
Museu de arte - espaces et courbes épurées
Je prends une douche et repars, Lu m’a indique une bonne soirée ou je dois retrouver d’autres collègues. Ça parait près sur le plan, l’est beaucoup moins en réalité. Je continue à marcher, je commence à fatiguer. Aucun taxi ne passe à proximité. Je peste. Décidément Brasilia n’est pas faite pour le tourisme, pas encore. Les larges avenues comme les nombreux espaces verts de la ville sont agréables a parcourir, mais en voiture.
Enfin, j’arrive au lieu de la fête. Les grands bâtiments du ministère ont au moins une utilité publique : donner des bonnes fêtes ! Et celle-ci esta bombando ! Un excellent dj Nego Moçambique jouant dans un bâtiment majestueux ouvert sur un parc avec lac. Parfait, enfin du mouvement dans la capitale!
































