Des l’approche en avion, la ville parait bien singuliere. Ultramodernisme en bord de baie avec de hautes tours en verre et des vieux quartiers a l’abandon plus au centre, un déséquilibre géométrique comme social.
Le centre a l'abondon face aux tours modernes
Punta Patillia by night
Le désir du gouvernement n’est pas masqué. Faire du Panama une destination du tourisme de luxe, avec peu de voyageurs qui dépensent beaucoup. L’auberge de jeunesse du quartier de Casco Viejo ou je trouve refuge, est pourtant pleine a craquer de backpackers. Je dois dormir dans la salle cinéma. Le vieux quartier ou se situe l’hostel est a l’abandon mais garde quelques traces intéressantes de l’époque coloniale.
fontaine de Casco Viejo
Mais des notre première sortie Calle Uruguay, le 2nd objectif est réalise, on aura bien claqué nos dollars ! L’endroit regorge de boites, de bars classes et de restaurants d’enseigne internationale.
Le canal de Panama
Incontournable, le canal qui joint l’atlantique au pacifique passe proche de la ville de Panama, on aperçoit un port a containers près de l’aéroport, mais le site accessible touristique le plus proche est a environ une heure de la capitale, aux écluses de Miraflores. Le trajet est agréable, on longe de grandes propriétés industrielles ou militaires bien entretenues. Le nombre de bâtiments de l’armée est impressionnant. En ville également les anciennes réserves militaires américaines et les Panaméennes plus récentes sont légion.
Miraflores Locks
Un bâtiment de deux étages a été construit à cote des écluses pour y observer le passage des bateaux. On en voit arriver au loin, ou se situe une autre écluse et d’imposants cargos surélevés d’une dizaine de mètres.
Ecluses de Miraflores
Le canal compte 6 écluses, les 3 de Gatun du coté Atlantique, celles de Pedro Miguel et Miraflores Locks du cote océan pacifique, pour surélever jusqu’à 26m au-dessus de la mer au niveau du lac de Gatun, alimenté par des cours d’eau.
Les projets du canal sont imaginés depuis le XVI siècle, lorsque les explorateurs Espagnols observèrent les deux océans depuis les monts du Darien. Mais ils ne sont mis en œuvre qu’en 1880 lors d’une entreprise française menée par Ferdinand de Lesseps, le brillant instigateur du canal de Suez. Il pensait réaliser le canal au niveau de la mer comme ce fut le cas a Suez. Ce fut une erreur qui donna beaucoup de travail a l’équipe française, et dans les conditions tropicales difficiles, la fièvre jaune et le paludisme auront raison d’environ 22,000 ouvriers.
Lorsque Lesseps reconnut que les écluses étaient nécessaires et ordonna à Eiffel de reprendre le projet, la Compagnie était déjà en faillite.
Monument en l'honneur des francais du canal
Less Américains rachetèrent les droits a un ingénieur peu scrupuleux et menèrent à bien la construction du canal qui s’acheva en 1913 . Ils prirent alors contrôle de la zone du canal, hautement stratégique, jusqu’en 1979 lorsque le canal fut nationalisé.
Un monument dédié a Lesseps et aux Français morts pour la construction du canal est érigé à la place de France, au bout du quartier de Casco Viejo ou se situaient les dépendances françaises des entrepreneurs. Le secteur piéton est agréable, face à la baie. L’ambassade de France y a élu domicile.
Je ne pouvais traverser l’Equateur, terre des volcans, sans programmer une ascension sur l’un des nombreux fascinants sommets du pays.
Le Chimborazo est le plus imposant, culminant à 6257 m, sommet le plus élevé de l’Équateur et point de la Terre le plus proche du Soleil (du fait de la forme ellipsoïde de la Terre). Atteindre ce sommet serait donc un fabuleux défi d’Icare.
l'approche du volcan
En me renseignant auprès des agences cependant, l’ascension du Cotopaxi, le second sommet, s’avère plus accessible et je réussis déjà à la programmer dans les deux jours, package avec nuit en refuge, tout l’équipement, la bouffe, ainsi qu’un guide particulier. Avec un peu de chance j’aurais pu diviser le prix du guide, mais le risque de devoir faire demi-tour en cas de trouage du partenaire est trop grand considérant l’investissement relativement faible. Restent toujours naturellement les risques des aléas météo…
On part en jeep depuis Latacunga. On retrouve un couple américain sur la route puis on emprunte le chemin cahoteux du champ de laves qui grimpe jusqu’au parking 200 m en bas du refuge. Il pleut pour l’instant, ce sera de la neige en haut. On se change dans une petite maison a coté du parking, l’air est déjà glacial. On est en début d’après-midi. L’ascension jusqu’au refuge est rapide, en environ une heure, mais l’altitude se fait ressentir, les jambes sont lourdes.
ascension jusqu'au refuge
Le refuge est tout blanc, il a bien neigé cette semaine. Les dernières expéditions n’ont d’ailleurs pas pu atteindre le sommet et certains sont restés au refuge un jour de plus pour tenter demain de nouveau, on annonce une amélioration météo.
les deux volcans Ilianes en fond, au clair de lune à minuit
On fait un petit entraînement basique dans la neige en cordée avec crampons, puis on retourne au refuge. On se « lèvera » à 23 heures, j’ai pas du me coucher avant cette heure là depuis un moment ! On va donc prendre un dîner vers 17h puis chercher quelques heures de sommeil.
Le refuge est au complet. On remarque en particulier un groupe d’une dizaine d’Allemands peu discrets. On va se coucher vers 18h. L’air est réellement glacial dans le dortoir à l’étage. Je mets toutes les couches dont je dispose et me glisse dans le sac de couchage. J’ai entendu quelques histoires sur les problèmes d’altitude. Un type de la même agence avait eu un mal d’oreilles incroyable toute la nuit et avait dû redescendre le lendemain. Un autre avait eu des problèmes respiratoires la nuit au refuge. On est ap
1er au sommet! le soleil se lève tout juste, il est moins de 5h
rès tout déjà à 4800 m, je dors au-dessus de l’Europe. Je me concentre sur mon corps pour essayer de ressentir d’éventuelles anomalies, mais tout va bien. Je peine un peu à dormir à cause des guides qui font du bordel dans la cuisine… et je suis anxieux de déjà partir ! Dès 22h15 les froufrous des combinaisons se font entendre. Je me lève à 22h30, j’ai quasiment pas dormi mais je suis excité, après tout mieux vaut partir en tête. On prend un petit-dej assez costaud puis on se lance à l’assaut du volcan. La lune éclaire légèrement le parcours, mais les lampes frontales sont indispensables. On est dans les premiers, et on passe en tête lorsque la première cordée fait une pause, après une heure. Jorge m’avertit que la neige tombée les derniers jours rendra l’ascension plus difficile. Mieux vaut ne pas donner des shoots pesants, le risque d’avalanches est assez élevé.
L’ascension dans la neige fraîche est en effet lente et fatigante, le temps ne passe pas rapidement, difficile d’estimer l’avancement dans ce paysage monotone. Mais les pauses régulières sont agréables, le ciel est dégagé, les étoiles brillent puissamment. On peut voir les lumières de Quito au loin. On continue l’ascension silencieuse, les points noirs en contrebas ont disparu, il semblerait que nos poursuivants sont loin, ou ont tout simplement rebroussé chemin. Le jour approche, on peut maintenant distinguer à l’horizon les pics des volcans voisins.
On va bientôt aborder la dernière partie, la plus pentue et naturellement la plus haute, la raréfaction de l’oxygène affecte. Quelques passages verticaux plus techniques. On passe. Allez, plus que 200 m d’ascension et on y est me lance Jorge.
levé de soleil au Cotopaxi
Ces 200 m sont terribles, je dois pousser mes jambes qui s’enfoncent dans la neige molle et je m’arrête en haletant tous les 20 m. Je termine quasiment en rampant. Au sommet je m’allonge pour récupérer. Un grand soulagement et une sensation incroyable, on est seuls. Je remplis mes poumons de cet air froid mais qui semble tellement pur.
La température est basse, un petit vent glace le visage. On domine le cratère du Cotopaxi en contrebas et une mer de nuages de laquelle émergent les volcans voisins. Le lever du soleil approche, le ciel devient rose et se reflète sur la neige. Une seconde cordée apparaît bientôt.
Je tire mes gants pour prendre des photos, mes doigts gèlent rapidement (je perdrai d’ailleurs la sensation au bout de 3 doigts pendant plusieurs mois…). On voit bien les volcans Ipiales et le Chimbo. L’ombre conique du Cotopaxi se projette sur les nuages, fantastique !
les Illizinas d'un coté, l'ombre du cone du Cotopaxi de l'autre
Les autres gars sont déjà repartis, Jorge me presse un peu. Vu les risque d’avalanche, il faut descendre vite, avant que le soleil ne tape le flanc Ouest du volcan.
On repart. La vue est plus dégagée de ce coté, on voit le champ de lave du volcan sur des dizaines de kilomètres, une vue vertigineuse qui me laisse bouche bée (mais pas longtemps, la langue gèle).
médusés devant ce spectacle vertigineuse
la descente, déjà
le majestueux Chimborazo
La descente est sans aucun doute bien plus tranquille. On croise quelques structures de glaces imposantes. La pente est par endroit très forte, on se laisse glisser piolet prêt a l’ancrage. On presse le pas, le soleil commence a apparaître, mais Joge me laisse faire quelques rapides pauses photo. On descend en un peu plus d’une heure et demie, je ne sens plus mes jambes à la vue du refuge. On retrouve les autres, certains se lèvent juste, il
première cordée au tournant
n’est finalement que 9h du mat. Je suis le seul de tout le refuge à être parvenu au sommet, gracias Jorge ! Le groupe d’Allemands lourds avait rebroussé chemin à cause du risque d’avalanches et tous les grimpeurs situés derriè
sculptures de glace
re avaient fait de même. La déception sur leur visage contraste avec ma mine fraîche, heureux d’avoir réussi le défi. Et les endomorphines font effet!
bleu blanc
Je me change, sensation agréable et légère après avoir tiré tout l’arsenal trempé de neige et de sueur. On redescend au parking puis on repart sur Latacunga. Le paysage désertique au pied du volcan est . Le soleil est franc. On donne un dernier au-revoir au géant. Dire qu’on était tout là-haut il y a quelques heures…
Une de mes premières expériences de haute-montagne et un des sommets de mon voyage. Je retenterai dès que possible !
Les coups de sifflets troublant mon sommeil, je me décide à écrire la petite aventure de la soirée en musique, un petit privilège accordé par mon notebook, qui ne va pas durer longtemps vu la batterie médiocre de l’instrument.
Toute la ville est noire. Pas de feux rouges ni de lampadaires dans les rues, seules quelques tours média ou entrées d’immeuble émettent les lumières blafardes alimentées au générateur.
On était dans un bar de vila Mariana, sud de Sao Paulo, quand la lumière a commencé à faiblir puis a s’éteindre. Suivie d’une hourra mélange d’excitation et de mécontentement a se retrouver dans l’obscurité. La bonne humeur préside quelques blagues fusent « hé faut pédaler plus vite les petits boliviens au sous-sol ». On regarde dans la rue, tout le quartier est plongé dans le noir. La lumière revient pour 5 min, puis disparaît de nouveau. On jette encore un cri , plus étouffé cette fois, avec la conscience que ça risque de durer ainsi un moment. Dans l’immédiat, le problème majeur est l’impossibilité de servir le 2eme Chopp bien frais promis (soirée 2ème chopp offert). Heureusement le bar propose aussi des bières en bouteille.
Les nouvelles arrivent par portables, ce n’est pas le quartier mais apparemment tout Sao Paulo et même Rio de janeiro qui sont dans l’obscurité. Les deux plus grandes villes pays, plusieurs dizaines de millions de personnes. Incroyable. Un problème au barrage d’Itaipu sans doute, le plus grand barrage du monde qui alimente une bonne partie du Brésil en électricité.
Après un petite heure dans l’obscurité, on s’organise pour rentrer. La CB ne passe pas, heureusement j’ai du cash. Sans métro, j’ai aussi la chance de trouver une carona avec une copine qui habite près de chez moi.
On passe les rues noires, ralentissant aux croisements sans feux où l’anarchie regne. Des groupes agités se forment aux arrêts de bus, quelques personnes courent prises de panique. Un parfum de fin du monde (un brin enivrant) a saisi la ville entière.
Sao Paulo, la ville qui ne dort pas, sera forcée au sommeil cette nuit. Moi je trouve cela amusant. Jusqu’à arriver au pied de l’appart. La porte d’entrée électrique ne s’ouvre pas, je dois faire le tour par la porte du garage. Puis sans ascenseur évidemment je dois me taper les 11 étages a pied. Je vais me coucher a la lumière du cellular. Encore une chance que la batterie de celui la va résister jusque demain. Malheureusement, la préfecture a enfin mis les moyens au carrefour stratégique en bas de mon appart avec un type donnant des coups de sifflet stridents pour réguler la circulation…
Ce petit événement fait réaliser que malgré les titres honorifiques récemment gagnés par le géant d’amérique du sud en fort développement économique, on se retrouve bien ce soir dans le genre de plan a l’arrache d’un pays du tiers-monde. On aura pu voir les photos de copacabana dans le noir en page de nombreux journaux internationaux et les critiques sur le temps de réponse des pouvoirs publics (nombreux vols et accidents), les villes n’étaient pas préparées à un événement de cette ampleur. Allez, d’ici 2014, le problème sera résolu (on va pas éclairer la finale de la coupe aux bougies).
Des amis de voyage habitant Brasilia m’invitent à passer à la chapada Veadeiro, un parc national à quelques heures de la capitale. Quelques jours fériés cette mi-juin, parfait pour visiter cette merveille naturelle du Brésil.
Je réussis à prendre mon vol, une veille de férié pluvieuse ou le cumul de bouchons atteint un record de plus de 300km a Sao Paulo. Vive le check-in online. Les amis viennent me chercher à l’aéroport. Première impression : la température est bien plus agréable qu’a sao paulo. On passe en voiture dans les « ailes » du centre-ville, par des grandes avenues devant des bâtiments imposants. Brasilia est bien différente des villes brésiliennes que je connais.
Congresso nacional - Brasilia
En à peine 1000 jours Brasilia s’est élevée du cerrado, la savane locale.
Deux traits dans le sable pour donner vie a l’oiseau de béton, à l’instigation d’un président qui laissera sa marque dans l’histoire, Juscelino Kubitschek, ou JK des initiales marquantes pour un président… Développer l’activité économique dans l’intérieur du pays, ne pas favoriser une des deux rivales Rio ou Sao Paulo, le projet est ambitieux et cohérent.
Les deux axes: naissance de Brasilia 1957
Au XIXè siècle, un prêtre italien eut le rêve d’une terre prometteuse de richesse et de prospérité près d’un lac entre les parallèles 15 et 20 de l’hémisphère sud. Brasilia se place idéalement pour donner corps au songe et prendre une dimension mystique. Les communautés de tout genre gravitent autour de la ville idéale, avec des cultes ésotériques ou des lieux célèbres pour l’observation des OVNI.
On passe la soirée a la périphérie de la ville dans une petite maison du mato (la foret). La bande de potes est cool, des maconheiros (fumeur de beu) alternatifs a l’esprit rock. Déjà près de la maison de Dan on retrouve cet esprit spirituel. Presque toutes les maisons le long du chemin menant à une petite cascade sont décorées de signes zen, abritent des cultes bouddhistes ou des salons de massages.
On se rend à Calvacante, un village dans la chapada, bien différent de Alto Paraiso l’entrée la plus proche et la plus touristique.
Le paysage sec du cerrado défile le long de la route
Le village est vraiment tranquille, on a une petite maison pour nous, idéal pour les barbecues dans le jardin et les jeux de société dans le salon.
La galera de Brasilia
On rentre dans le cœur de la chapada par des petites routes de terre rouge en laissant un nuage de poussière. On fait une pause a un point de vue. L’observation silencieuse sur la vallée en contrebas est rompue par deux gros aras bleu et jaunes qui passent au-dessus de nos têtes et vont se perdre dans les arbres. Incroyable, des objets volants si gros et si colorés, on est bien dans un pays tropical ! pas eu le temps de dégainer l’appareil photo tellement je trouvais cela irréel !
En entrant dans la Chapada, la plaine d'un vert agréable
Dans les petits chemins du cerrado
Les routes rouges de la Chapada Veadeiro
C’est agréable de gambader dans le cerrado, j’y retrouve un petit air de provence. La végétation particulière est composée de prairies avec de grandes fleurs, d’innombrables espèces de palmiers et d’arbustes. On doit voyager avec un guide qui nous emmène sur les chemins de différentes cascades. Pas indispensable à la survie, mais l’aide du tourisme contribue au développement local des Kalungas, peuple descendant des esclaves noirs ayant fui les mines d’or et les grands domaines terriens pour se réfugier dans la serra.
Bufalos! chaud devant!
Les Quilombolas comme on les nomme dans le Brésil entier. Les Kalungas vivent dans des village proches de Calvacante, des huttes d’une grande simplicité. On s’arrête déjeuner dans une de ces maisons, au milieu des herbes hautes. L’accueil y est chaleureux et le pastel de carne est délicieux.
Notre hote Kalunga, gracieuse et humble
L’intérêt principal de la chapada réside dans les cascades. Hé oui encore des cachoeiras brésiliennes ! J’en aurais vues des plus impressionnantes certes, mais celles-ci ont une eau bleue pure attrayante par ce joli jour ensoleillé. Et nous sommes les seuls sur la moitié des sites que nous visitons. Le bain est un délice après la marche, la sérénité du lieu est rapidement profanée par une douzaine sautant dans l’eau. Les dernières cascades forment de larges rideaux d’eau, des hydro massages bien détendants avant de revenir faire un barbec a la maison.
Petite cascade bleue de la Chapada Veadeiro
Je rentre à Brasilia, a 3-4 h de route de Calvacante, plus tôt que les autres car mon avion repart pour Sao Paulo dans l’après-midi du dimanche. Je me lève à l’aurore pour prendre le bus, j’ai envie de profiter de la journée pour visiter Brasilia. Le lever de soleil offre des couleurs superbes.
lever de soleil a Calvacante
Une journée avec un soleil radieux. Je laisse mes affaires chez une amie et me balade avec elle dans la ville. L’impression est étrange lorsqu’on parcourt Brasilia. Les grands espaces, les ponts et aménagements qui se succèdent à l’identique, la symétrie et la dimension géométrique des bâtiments, des routes inspire une certaine harmonie de ville futuriste, d’une autre planète. Une impression de vide aussi, d’un excès de rationalité dans un urbanisme né d’équations cartésiennes.
Brasilia géométrique
Je reprends mon sac et me dirige vers le centre. J’ai déjà passé le quartier des hôtels. Ce sont des hôtels d’affaires aux prix élevés. Le guide situe les pousadas dans l’aile sud, la via W3 Sul, entre la 504e et la 508e .
plan de Brasilia: deux axes, deux ailes
Je marche dans ladite avenue une heure durant. Je ne trouve aucune enseigne de pousada. Par moment, je me retourne car je ne me sens pas tellement en sécurité. La première fois que je marche seul a 9h du soir en plein centre d’une ville brésilienne ! L’impression est bien étrange. Je me renseigne auprès d’un taxi qui me donne une adresse, étonnant j’étais passé devant. J’y retourne. Aucun panneau. Je sonne. On m’ouvre et me présente la derniere chambre libre. Des cloisons en plastique séparent la chambre du garage d’où l’on entend les bus vrombissant depuis la rue. Ok, je comprends pourquoi les pousadas ont été déclarées illégales si elles ressemblent toutes a celle-la !
Museu de arte - espaces et courbes épurées
Je prends une douche et repars, Lu m’a indique une bonne soirée ou je dois retrouver d’autres collègues. Ça parait près sur le plan, l’est beaucoup moins en réalité. Je continue à marcher, je commence à fatiguer. Aucun taxi ne passe à proximité. Je peste. Décidément Brasilia n’est pas faite pour le tourisme, pas encore. Les larges avenues comme les nombreux espaces verts de la ville sont agréables a parcourir, mais en voiture.
Enfin, j’arrive au lieu de la fête. Les grands bâtiments du ministère ont au moins une utilité publique : donner des bonnes fêtes ! Et celle-ci esta bombando ! Un excellent dj Nego Moçambique jouant dans un bâtiment majestueux ouvert sur un parc avec lac. Parfait, enfin du mouvement dans la capitale!
A l’heure de la globalisation et du libre échange, il existe encore des frontières à l’ancienne, avec une nature et des dangers qui les rendent infranchissables, comme le fut la foret impénétrable des Ardennes françaises.
le Darien Gap, le ”vide” du Darien entre la Colombie et le Panama
Nous avons donc au nord le continent de l’Amérique du Nord – et centrale- au sud l’Amérique du Sud. Jusque la tout va bien. Entre les deux, une bande de terre, un isthme. On reste dans de la géographie. J’avais planifie de remonter vers l’Amérique centrale depuis la Colombie, je m’étais dit que j’allais passer par cette bande de terre. Je me renseigne. Formellement déconseille, voire interdit, du pur suicide. Il faut traverser le Darien, un des endroits les plus dangereux au monde. Oui il y a cette foret dense parcourue de fleuves infranchissables et imprévisibles, déjà plus chaud que les Ardennes françaises. Le territoire du serpent fer-de-lance, un reptile ultra vénéneux. Le sanglier des Ardennes peut être dangereux aussi, j’ai entendu dire de connaissances chasseurs que si on rate entre les deux yeux, il peut charger et ça fait mal. Bon mais ce n’est pas tout.
inquiétant Darien
Dans le Darien, on a surtout un risque venant de l’homme. Les guérilleros colombiens se réfugient dans ce territoire hostile, les paramilitaires les y pourchassent, l’armée essaye aussi, les narco trafiquants font passer quelques colis express de blanche et pour finir les indiens qui y survivent ne sont pas des plus sympathiques. Bon, en effet, on va peut-être abandonner l’idée de la traversée a pattes. Y en a qu’on essayé… ils ont eu des problèmes…! Le livre guide L Planet prévient que certains ne sont jamais revenu. J’ai entendu le récit de deux personnes, deux français qui connaissaient les Ardennes et se sont dit “ça doit être tranquille le Darien en rapport”) qui sont passés par la. Un est apparemment vraiment passé, avec un guide tout de même. L’autre a été retenu par l’armée colombienne “ben kesse tu fous la mon gars!” pendant 5 jours et a du faire intervenir l’ambassade française pour repartir.
C’est tout de même irritant, ce petit isthme tout prêt pour prolonger la panaméricaine en toute logique. Elle aura vu d’autres difficultés naturelles; Quand on pense que le grand Simon Bolivar avait fait de la Colombie et du Panama un unique pays. Puis les Américains ont fomenté une petite révolution pour créer une république indépendante a ses bottes. Peut être l’Amérique du Nord préfère-t-elle que les guérillas, la drogue et les petits Indiens du Sud restent chez eux? Ça me parait bien possible.
Enfin laissons la politique de côté, ce damn Darien me facilite pas le voyage. Des voiliers partent de Cartagena en Colombie pour le Panama, une croisière de 5 jours et de quasi 400 dollars aussi. Hem… La réelle solution économique : un cargo de noix de coco reliant les deux pays. Ça se fait, mais mieux vaut prier que ce ne soit pas de la coco tout court dans la cargaison, et il vaut mieux avoir du temps. Alors j’ai cherché la solution “sûre” économique, déjà éprouvée par de nombreux routards.
debarquement de marchandises au quai de Capurgana
- bus de Cartagena a Turbo, environ 10 h de routes
- bateau moteur de Turbo a Capurgana, le dernier village colombien; environ 2h ; on fait tamponner dans le bureau de l’immigration. le village est bien joli d’ailleurs et assez développé en termes de tourisme
- bateau moteur de Capurgana a Puerto Obaldia, le premier village cote Panama. On passe la frontière, une petite borne blanche au sommet d’une falaise en bord de mer. On doit prendre un avion le lendemain pour Panama City. Le type du bureau d’immigration est un fumiste. Il range sa cuisine dans l’arrière bureau pendant 15 minutes alors qu’on attend. Ah, revenez demain matin. De toute façon ya pas d’autre moyen de fuite que l’avion.
la frontière entre la Colombie et le Panama : la balise blanche en haut du rocher
Puerto Obaldia est un cauchemar. Pas beau, pas de plage, pas d’électricité, pas de bouffe. Deux restaurants mais ils n’ont rien a manger. On se contente de chips et d’une noix de coco avec mon compagnon de voyage canadien. Même pour dormir c’est l’arrache. On trouve finalement deux Colombiens qui acceptent de partager leur dortoir. Eux ils attendent depuis 5 jours. Oui c’est plus dur pour les Colombiens de passer la frontière. Je me demande comment ils n’ont pas craqué en 5 jours dans ce trou. Ils s’habillent en blanc et font du yoga dans la chambre le soir. D’accord je comprends, ils sont zens. On croise aussi un Japonais qui moisit ici depuis 7 jours. Il fait des exercices sur la cage de foot. Lui il a commence a péter les plombs.
Bref, on est plus que prêts a quitter Puerto le lendemain. Mais… tous les 19 sièges sont pris! On est une dizaine sur la liste d’attente. La femme de la compagnie aérienne appelle et réussit a nous
amener un vol pour le lendemain, normalement le suivant était 2 jours plus tard et lui également surbooké. Ouf! Enfin, malgré tout on ne supportera pas une journée et une nuit de plus ici. On retourne sur Capurgana jusqu’à’ a l’arrivée de l’avion.
Le lendemain, 11h. L’avion va pas tarder. 1h de l’aprem, toujours pas de news du coucou. Inquiétant. Le temps n’est pas clément. On voit une tornade sur l’océan, qui se transforme en une colonne fine et menaçante. Les gens vont s’abriter. Deux minutes plus tard la sirène sonne, l’avion arrive! Bien choisi son moment! Il fait un tour et repart dans la brume. Aieaie, on arrivera jamais a partir d’ici. Si, il revient, fait plusieurs tours avant se poser enfin sur la piste a bosses qui sert d’aéroport. On décolle un peu plus tard et arrive enfin a Panama city, un soulagement.
Cette voie n’est pas conseillée par les guides touristiques mais était sure au moment ou je suis passé. On n’aura qu’effleuré le Darien mais l’aventure aura tout de même été épique!
Dans le bureau d’immigration Colombien : dénoncer les terroristes recherchés ou comment reconnaitre un colis-bombe…
Caracas ne m’apparait pas accueillante, le moins que l’on puisse dire. Je pars le jour-meme pour Maracay ou un pote du CS m’attend.
La chaleur est etouffante. Lorsque j’attends Jose, je suis a l’agonie avec mon jean et mes baskets. Pourtant aucun Venezuelien n’est en short et tongs. Ca ne se fait pas. J’assume mon identite en me debarassant du surplus des que fut possible.
La bouffe, les boissons sont tres cheres. Le litre de biere -prix de reference mon colonel!- est a plus de 3 euro, 3 fois plus eleve qu’au bresil.
Maracay n’a pas grand-chose a offrir. Meme pas d’eau, il y a des coupures de 10h du mat a 5h du soir, depuis plusieurs mois, du fait de la construction d’un super train Chavez, apparemment.
Premiere surprise en me baladant dans les rues venezueliennes : les gros cylindres americains sont partout (c’est fun!), les Macdo a chaque esquina (coin de rue). On dirait que les produits americains ne sont denies par la population… Et le sport le plus populaire n’est pas le football mais le “beisebal” comme dans toute les Caraibes.
Une soiree avec Jose et ses copines dans une boite chic. Impressionnant, la grande majorite des filles sont magnifiques. La reputation du Venezuela tient, miss monde n’en vient-elle pas?
avec les copines venezueliennes
On se rend a rancho grande le lendemain, un site a moitie abandonne dedie a l’observation des oiseaux. Le site est lugubre mais interessant. On apercoit deux toucans verts impassibles a quelques metres de la plateforme… jusqu’a ce que notre espagnol prenne une photo avec flash (bon un certain moment apres, je concede). L’oiseau s’envole et vient percuter avec fracas une vitre du batiment. Il est juste la, agonisant, du sang sort de sa bouche. J’avais tellement lutte pour mettre au point mon zoom sur la bestiole, je pourrais le prendre en photo a 10 cm… bon, je serai pas reporteur de guerre, salut a toi toucan vert, paix a ton ame.
toucan vert de rancho grande
Je me rends ensuite sur la cote caraibe a Chichiriviche, inconfondable celui-la. Les eaux turquoises sont magnifiques. Un tour en bateau s’impose pour acceder aux “cayos”, petites iles. J’en fais trois, cayo Peraza, Sal et Muerto.
cayo Sal
La plongee en masque tuba sur l’un des cayos m’offre des moments incroyables avec des bans de poissons, a de rares occasions un phenomene multicolore. Mais les recifs de coraux sont serieusement endommages. L’usine chimique proche (celle de la photo du precedent post) en est la cause. Bravo la revolution Chavez.
pecheur de Chichiriviche
L’ambiance est familiale, beaucoup de monde est la pour celebrer une Sainte locale, avec des processions en bateau, puis le soir avec des concerts et un feu d’artifice bien reussi.
les Caraibes Venezueliennes
Je me dirige vers Merida et la montagne au sud-ouest du pays. Merida est une des bases ideales pour les sports de montagne. Par contre l’accessibilite des activites laisse a desirer, a posteriori en comparaison avec la Colombie et surtout l’Equateur. Tarifs eleves et duree importante. Pour aceder au pic Bolivar, le plus haut sommet du pays, il faut 5 jours et des billets. Je me contente de quelques randonnees dans les environs. le col du condor (plus de condor cependant), froid avec des paysages desertiques
Pas de cafe-bars en journee, mais la nuit offre quelques endroits chauds, comme l’hoyo del queque tenu par un francais. Je passe aussi a un glacier record guiness du nombre de saveurs, en prenant des boules crevettes et hot-dog. Pas top mais interessant… J’observe la liste des parfums. Un intriguant pastis est proche d’un francia /Bresil accoles.
parfums glaces? francia/brasil
Une autre rando me mene a la route des cascades. Je passe un moment avec des gamins qui sautent dans le rio depuis un rocher et boivent de la sangria. Je fais les deux pour m’intergrer au groupe…
avec les gamins de la cascade
Puis je grimpe dans la jungle jusqu’a la cascade. Pas de chemin, frande chaleur. L’arrivee au pied de la cascade apporte sa recompense.
Je passe par un village colonial tres joli, Barichara, puis revient sur Merida.
l'eglise de Barichara
la cascade sans nom
L’attraction principale de la ville, le telepherique le plus haut et le plus long du monde, est en reparation pour un moment. Ca frustre beaucoup de touristes mais au moins on n’en chutera pas.
J’hesite avant d’acheter un tour de 4 jours dans les llanos, la region marecageuse du Venezuela. La fille me fait un prix interessant qui reste eleve, je me lance. Je me retrouve avec deux couples, des italiens et des franco-anglais. Le guide junior est sympa, mais tenir doublement la chandelle n’est pas ideal. Surtout le jour de mon anniversaire, ou malgre la cuisine italienne et le rhum partage, je sentais comme un manque en comparaison avec mes fetes habituelles..
.
un pirana, bonne peche
Le tour est divertissant. Rafting (niveau 3 sur 5, adieu les sensations de l’extreme), observations des oiseaux et reptiles sur terre et en bateau, tour en cheval, peche au piranas, tres complet. Je leve l’affront bresiliens en ramenant un pirana dans la besace. On observe beaucoup d’oiseaux magnifiques, deux crocodiles, dont un bebe qu’on prend en main,
un piti crocrodile... mais attention les doigts!
des iguanes, et des dauphins roses d’eau douce, les memes que dans toute l’amazonie, mais… pas la reine des Llanos, l’anaconda (les males sont beaucoup plus petits chez cette espece). On en voit subrepticement une queue, rien de plus. Soit-disant Junior aurait toujours reussi a en attraper. J’ai vu les photos des touristes soulevant l’impressionnant serpent, atteignant jusque 10 m. Ce sera pas pour moi. Septembre est le mois le plus difficile pour les observer, car il s’agit du mois de la mise au monde des petits anaconda. Bien sur on ne me l’avait pas dit. J’enrage.
Quoiqu’il en soit, oubliez le film anaconda et les legendes sur les piranas, ils peuvent etre approches sans reel danger (a part s’ils meurent de faim et qu’on saigne et qu’on marche dessus et…
Finalement, de ce package aventure, c’est le cheval que j’ai le plus aime! Je ne l’aurais pas parie. J’avais juste fait mon bapteme quand j’avais 10 ans, rien de bien passionnant. Mais monter un cheval au galop dans ces prairies humides m’a impressionne.
Je decide de passer directement en Colombie au lieu de me rendre sur la cote Est du Venezuela, pour ne pas trouer mon budget.
Petit retour fin décembre, histoire de récupérer enfin mon visa de travail pour le Brésil. A Caracas, oui oui, la ville la plus dangereuse du monde.
Pro ou anti Chavez? Au Venezuela la discussion arrive en tete dans les cafes apres le temps et les matches de baseball. Ce qui est sur, Chavez ne laisse pas indifferent.
usine chimique pres de Chichiriviche - La muerte... des coraux
Difficile de savoir le reel impact de la politique Chavez. Certains pretendent que la situation n’a jamais ete autant catastrophique depuis son arrivee au pouvoir. Mais la situation mondiale s’est aggravee, pas seulement dans le pays bolivarien. Les petrodolars profitent-ils aux habitants, aux plus defavorises? Le cout des aliments est eleve. Un comble, un litre d’eau coute plus cher qu’un litre d’essence. Au moins un effet positif du petrole pour la population, ce cout quasi nul de l’essence, un plein coute 1 euro. Au detriment de… l’environnement sans doute. Les 4×4 monstrueux, dont le pare choc m’arrive presque a la tete, sont partout.
plein d'essence au Venezuela (les litres sont en haut en Europe)
D’autres personnes impliquees dans les mouvements sociaux m’ont affirme que les petrodolars financaient de nombreux projets sociaux. En tout cas, impossible de rater le pere Chavez, il est a toutes les rues, sa photo sur panneau au moindre chantier, industriel, eau potable ou voirie. La revolution bolivarienne de Chavez est en marche, avec ses nombreuses missions. Les infrastructures naturellement, la culture, la revolution du sport (peu de resultats… cf. post “Lost in calculation”).
une mission socialiste, la culture (body painting a Maracay)
Dans un pays opprime par la dictature durant la plupart du 21e siecle, le terme revolution a toujours un impact fort. Et le Che Guevara, le revolutionnaire socialiste latino par excellence y est tres populaire. Chavez n’est pas le Che, meme s’il a egalement fait partie de l’armee et tente de realiser un coup d’etat sans succes en 1992 lorsque le desastreux second mandat de Perez menait a la revolution civile.
Le Che forme toujours...
interieur de Los Llanos – Saludo Senior Chavez
Je suis dans un resto vegetarien (non j’ai pas vire) tranquille a Merida, dans le centre-ville a quelques pas de l’hotel. Peu avant 21h, la serveuse affolee revient de la cuisine. On a essaye de realiser un cout d etat! Certains militaires, appuyes par les Etats-Unis, auraient essaye de renverser Chavez, mais les services speciaux les auraient intercepte en route. Le restaurant ferme ses portes, 21h seulement, pour des raisons de securite. Les gens ont peur, la violence dans la rue croit. Les homicides ont augmente de 67% depuis l’arrivee au pouvoir de Chavez. Caracas est devenue tout simplement la ville la plus dangereuse du monde.
Le lendemain, on a droit a une allocution teltevisee du president de plusieurs heures. Oui, ces “yankees de mierda” ont essaye de me mettre a terre, mais ils nous ont sous estimes, moi, nous, le venezuela.
L’ambassadeur des Etats-Unis est tout simplement vire du pays le jour-meme, egalement en solidarite avec la Bolivie et Evo Morales qui avait fait de meme, accusant les Etats-Unis de fomenter un coup d’etat. Plus tard dans la semaine, deux bombardiers russes atterrissent sur le sol venezuelien… Chavez pense grand en terme de puissance militaire internationale mais est incapable de maintenir l’ordre dans son pays comme le disent ses detracteurs.
Chavez se veut liberateur d’une amerique latine dominee par l’empire americain. En tout cas les relations sud-nord ne s’arragent pas en Amerique…
J’arrive a l’aeroport de Caracas, fraichement debarque de Sao Paulo avec des reals bresiliens en poche. La 1ere chose qui attire l’oeil, cette pancarte demesurement grande dans cet immense hall vide (deja un parfum de communisme) : une championne de taekwondo venezuelienne a gagne une medaille de bronze au JO de Pekin. Une propagande du gouvernement pour montrer que la revolution du sport est en marche. Il s’agit en fait de l’unique medaille du pays. A Athenes, ils en avaient eu deux de bronze…
La revolution bolivarienne du sport en marche!
En attendant que les bagages arrivent sur le tapis, je fais un tour. un balayeur m’interpelle : “dolares, dolares”. Non non, j’ai pas de dolars, “reales?”. Ca l’interesse pas.
quand je m’approche d’une maison de change, c’est une foule de petits moustachus, bagagistes, vendeurs ou nettoyeurs qui vient me voir en eructant “dolares, dolares”
on dirait le film john malkovich, sauf que john malkovich est un petit moustachu qui s’appelle “dolares”. Bizarre.
Je recupere mon sac et decide de prendre de la monnaie locale.
Au cambio, l’agent m’indique qu’1 real vaut 0.7 BsF.
BsF= Bolivares Fuertes. Bolivares, la monnaie venezuelienne, du nom de l’idolde liberatrice, Simon Bolivar. Son nom est partout: le Venezuela est plus precisement la republique bolivarienne du Venezuela ; le pico Bolivar est le sommet le plus eleve du Venezuela (5007m) et bien sur les rues et les places principales portent le nom du sauveur. De l’autre cote, le nom de la Bolivie en vient aussi.
Fuerte, parce qu’avant le Bolivar etait faible. Mais grace a Hugo Chavez il est devenu fort. En virant trois zero tout simplement, le BsF est 1000 fois plus fort.
Donc curieux, le real est plus faible que le bolivar fort.
Soit, il faut tout de meme que je change un peu d’argent avant d’arriver en ville. L’agent compte les billets lorsque j’observe le panneau avec les taux de change. 1 euro= 3 BsF tiens tiens au Bresil 1 euro= 2.5 RS. Je rappelle l’agent, je ne change pas mes reales ou j’y perds la moitie!
Le 5e distributeur de billets se decide enfin a cracher, je retire des BsF.
Je vais verifier les taux de change sur internet. Environ 1 euro pour 3 BsF… le taux officiel. Les moustachus de l aeroport m en proposait 1 pour 5!
Bref la situation monetaire n’est pas simple. L’explication : l’etat realise un controle du change pour en supposition sortir de la crise economique et garder l’argent dans le pays. Il existe une commission de change qui decide si telle personne ou entreprise a le droit de changer ses BsF pour des dolars ou des euro, avec naturellement un plafond bas, tout comme pour les achats sur internet. Le bolivar n’etant pas un exemple de stabilite, tout le monde aimerait avoir une petite reserve de dolars ou d’euros, le marche parallele est important et atteint des taux quasi doubles de ceux du change officiel.
Je comprends un peu mieux, je comprends surtout que je me fais bien enfiler avec mes reals et ma carte bancaire. Le Venezuela sera de ce fait un pays trop cher pour moi. Considerant aussi que les attractions principales du pays, comme l incroyable chute d eau de Salto Angel, doivent etre organisees avec des agences sur plusieurs jours, du fait de l acces difficile, et coutent donc assez cher.
Mais alors, on peut devenir juste deux fois plus riche en utilisant le marché noir pour convertir dolar en bolivar et le marché légal pour changer les bolivar en dolar de nouveau. Ben oui, Bibi aussi y a naturellement pensé. Mais pour les étrangers les conditions ne changent pas! Il n’est pas possible de changer les bolivars pour des dolars.
Bref, si vous venez au Venezuela, remplissez les poches de dolars avant et calculez juste pour ne pas rester les poches pleines de bolivars…!
J’ai un boulot, un vrai boulot avec une boîte française. Au Brésil. L’objectif que je m’étais fixé il y a environ 1 an. La vie de bohème est terminée… enfin presque. Je vais chercher mon visa de travail à Caracas. Les papiers, l’administratif, cela fait partie des choses qui durent un moment au pays auriverde, comme la queue aux caisses de supermarché.
Ce qui laisse l’espace pour un dernier baroud au Vénézuela et qui sait pousser plus loin dans l’Amérique Centrale, les Guyane ou les Caraïbes, dépendant du temps de gestation de ce sacré visa…
Allez Bourriquet, a la conquête du monde de nouveau! dépêche toi mulet! XD j'ai pas toute la vie...
PS : J’ai tout mon premier grand trip du Brésil mis à jour, ce sont des posts plus anciens sur le carnaval en particulier.
Depuis mon retour à Rio, j’ai l’impression d’être la victime d’une malédiction.
Rien de bien grave en réalité. La principale difficulté était déjà d’y arriver. Ce n’est pas passé loin de la scoumoune totale dès l’aéroport. A 5h du matin, au contrôle des passeports. Je vois l’agent de la police fédérale scruter son écran pendant de longues minutes. Il appelle alors le superviseur, qui à son tour regarde l’écran, puis me fais signe de le suivre. Pas bon, ils ont vu quelque chose : si c’est que je me suis posé au Brésil depuis un moment, je suis dans le prochain vol pour la France. J’avais pourtant repassé la frontière avec ce même passeport sans problème.
Il regarde à son tour son écran, puis me dit : vous aviez une amende à payer ? J’acquiesce (cf. post sur Recife). Il imprime des formulaires et me montre que je dois payer environ 170 R$. Je dois les payer à la Banque mais elle n’ouvre qu’à 8h. Je propose de payer cash. Après une longue attente, un autre agent revient finalement avec la monnaie et les tampons. Je peux repartir !
On est alors jeudi, je trouve enfin mon nouvel appart avec mes coloc péruviennes et brésiliens. Mais en revenant de soirée, je retrouve l’appart éclairé aux bougies. Ils ont coupé l’électricité car les factures n’ont pas été payées par le proprio. Et maintenant depuis 5 jours déjà. On descend à la réception pour recharger les portables, le frigo daube les aliments pourris, et on s’éclaire à la lampe du couloir (qui reste bloquée par un astucieux système) pour lire.
J’apprends aussi que l’appart va tourner en une fabrique de pains avec une employée de 9h à 18h, que la moitié de la cuisine va être cassée pour la fabrique. On voit déjà les machines à pains géantes de la cuisine qui à l’ombre de la bougie se transforment en machines de torture.
« J’ai pas l’électricité depuis 5 jours et mon appart se transforme en une fabrique de pains » ça ressemble à une blague non ? au moins on aura bien ris de la situation avec les colocs péruviennes et américain.
Autre anecdote: hier je suis parti surfer au meilleur spot à 1h de bus de copa, je suis parti à 7h du mat. J’ai à peine pris 5 vagues (ou plutôt bu 5 fois la tasse) que mon leech pète! plus qu’à rentrer à la maison!
Ma chance aurait-elle passé ? Je vais jeter le kopeck russe que m’avait donné une copine russe à Paris, qui soit-disant devait porter chance… Pourvu que ça dure… pas!