Le 11 decembre 2007
L’avion atterrit a 1h30, avec un peu de retard comme toujours. Me voila a Manaus, avec de la foret des milliers de km autour. Je n’ai malheureusement pas pu le constater, les billlets sont moins chers la nuit naturellement. Des la sortie de l’aeroport, la chaleur est etouffante, mais finalement agreable. Depuis le temps que la pluie et le froid (relatif bien sur, je parle de 17 degres…) Paulistano me paralysaient. Les taxis demandent 50 Rs (20 euro). C’est beaucoup, si je commence les 10 premiers km de mon periple ainsi, je n’arriverai jamais a parcourir les 7990 km restants! Je me resous a dormir a l’aeroport. Je demande tout de meme et par chance, un bus de ville circule encore et peut m’emmener vers le centre. Je descends pas tres loin du port ou les hotels sont pas trop chers. Le guide en recommande un en particulier, j’ai appele, il reste des chambres. Il est 3h du matin. Sur le chemin, je croise un autre gringo en tong, un Allemand. Il m’interdit d’aller plus loin, le quartier est dangereux la nuit. Jorg est allemand et habite Manaus depuis 12 ans. Il dit qu’il n’aime pas les français mais veut m’aider quand meme. Je le crois et le suis. Il me trouve un autre hotel, pour 20 Rs, qui m’accepte jusque 10h du mat. C’est le quartier des prostituees en fait, ils louent les chambres a l’heure dans le coin… Je gagne ma chambre. C’est pas terrible, ça sent l’humidite et la transpiration ici! J’allume la tele, je tombe sur un film de cul, forcement. Le lendemain, le soleil est la, la chaleur est ecrasante. Le maillot mouille rapidement sous le mochila (les mochilas, ce sont parfois comme ça que sont appeles les touristes avec sac a dos). Je rejoins ma pensao et sors visiter la ville, suractive aux abords du port, remplie de petits etals de rue et bordes de grands magasins, au devant desquels je pousse un ahhhh de soulagement lorsqu’une bouffee d’air ultra-conditionne m’atteint.

Le temps de la restauration : pasteque et petit restaurant avec poisson. En boisson, le soda guarana Bare, un delice. Le guarana est ce fruit des amazones utilises depuis des siecles par les indiens. On lui attribue de nombreuses vertues, et en particulier d’etre stimulant. Il est aussi utilise industriellement dans les soda, mais ceux de Sao Paulo ont bien moins de gout que celui-la!.

Le theatre des amazones a ete construit fin du XIXe, a l’age d’or de Manaus, lorsque le commerce du caoutchouc et la chasse a l’or animaient la ville .

Excepte le bois, l’ensemble des materiaux constituant le theatre vient d’Europe : tuiles alsaciennes (la grande specialite alsacienne du XIX? j’aurais plutot parie sur les geraniums…), verre et marbre d’Italie, fer forge d’Allemagne. La salle de representation est douillette et soignee. Une peinture de la tour Eiffel vue de dessous style rennaissance italienne – vision anachronique – recouvre le plafond du salon.

C’est ici que venaient les gentlemans, grands commerçants europeens, pour fumer et chiquer le tabac. Quelques crachoirs d’epoque sont presentes. Je les imagine en costume avec cette chaleur, au beau milieu de la jungle, dans cet environnement realise pour leur confort en limitant le depaysement et ça m’amuse beaucoup.

Jaoa m’emmene ensuite voir l’exposition de son beau-frere. Des chiens a gros bide (oups excusez ma sensibilite artistique), space mais bien fait!

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CACHOEIRAS DE PRESIDENTE FIGUEREIDO
Je rencontre un Français a l’hotel, un producteur de sel sur l’Ile d’Oleron. Il me raconte ses precedents voyages. Il a deja fait une partie du parcours que je projette. Cette fois il remontera l’Amazone vers le Perou. Il me parle d’une experience inoubliable qu’il a vecue pres de Santarem, dans une communaute ou un rituel indien avec un the a base de plantes hallucinogenes, l’ayahuasca. Je me dis qu’il faut que je le fasse! Il me donne le nom du contact qui pourra m’y mener. Pour le moment, j’ai prevu une visite de cascades a 1h30 au nord de Manaus : a Presidente Figuereido, la capitale autoproclamee des cachoeiras au Bresil. Je lui propose, il est emballe.
Mon contact Lauria vient nous chercher a l’hotel. Il est avec un pote a lui. Les deux gars sont vraiment cools, on parle en chemin, ils sont etudiants. La route trace droit dans la foret, on peut voir sur la route de nombreux igarapes (des points d’eau marecageux). On s’arrete au passage pour manger. Un delicieux jus de cupuaçu avec une galette de tapioca au mucu. Ils en vendent partout a Manaus, une grande specialite. C’est un peu comme du potiron cru, on n’est pas fan, Thierry comme moi on ne termine pas. On arrive, l’entrée est payante, personne sur le parking. Les chutes font un bruit assourdissant. Et le bruit est a la mesure du flux! Impressionnant!


Lauria et son ami nous emmenent au pied des cascades. Ils disent qu’on peut aller sous la cascade! e n’y serai jamais alle seul, mais ils connaissent l’endroit par coeur, je les suis.
Le courant est fort, il faut deja traverser le rio. On remonte ensuite vers le point des chutes et on escalade quelques rochers pour se placer juste derriere le rideau d’eau. Genial! L’eau est partout, je cligne des yeux, le bruit phenomenal! On reste la quelques instants, hydro-masses par les chutes. On grimpe ensuite dans la foret pour sauter d’une mini-cachoeira, yalaaaaaaaa!
Le soir, regenere par la cascade, je suis d’humeur a sortir. Avec un Allemand de l’auberge on parcourt les rues du centre mais on ne trouve pas de bar pour se poser. Manaus est pourtant une grande ville! On prend une caipirinha a une roulotte de rue et on sympathise avec un Manense. On lui demande ou sortir, il propose de nous emmener dans un bar a cote. Apres 5 minutes de marche, on arrive enfin dans une rue ultra animee: musique, des roulottes plein la rue, une foule devant les bars. Tout Manaus semble se rejoindre ici. On entre dans un bar. Demi-surprise : c’est un bar de strip-tease. On se pose, la biere est vraiment pas chere. La fille se denude petit a petit, puis completement, puis adopte des postures des plus explicites. Et tous ces gens qui viennent voir ça en groupe d’amis ou en couple, comme si c’etait juste pour boire une biere. Incroyable. Mais apres un peu plus d’observation, on comprend vite que presque toutes les filles ici sont interessees par l’argent… Dommage, la vie nocturne de Manaus est bien limitee!
VISA
Je dois prolonger mon visa de tourisme. Jaranda, une copine, vient m’aider à accomplir cette tâche bien compliquée. La démarche est la suivante:
-aller sur le site de la police fédérale (en portugais seulement), réussir à trouver la rubrique par miracle où les demandes administratives sont répertoriées, trouver l’adéquate (deux semblent pouvoir correspondre : un enregistrement d’étranger et une prolongation de résidence, je remplis le questionnaire et imprime les deux),
- aller a la banque du Bresil pour payer la taxe due (le fonctionnaire me dit que je dois payer les deux! j’opte pour le 2nd seulement)
- aller sur le site de la police fédérale (bien sûr à l’autre bout de la ville), faire la queue (une profession brésilienne), prier pour que ce soit le bon coupon rempli et que le fonctionnaire daigne prolonger le visa (tongs, shorts interdits – je mets ma plus belle chemisette (froissée))
ça passe!!! merci Jaranda!
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LA JUNGLE
Les expeditions dans la jungle representent l’interet touristique principal de Manaus. Je me renseigne aupres de certaines d’entre elles et reussis a obtenir un bon prix (je deviens bon negociateur!) pour 3 jours dans la foret. Au programme du sejour : peche au piranha, prise de jacares (caimans), balade en bateau, nuit dans la jungle.
Je pars le lendemain a l’aube, avec Luis Antonio qui sera mon guide pour cette expedition. On discute un peu, il est sympa, tres souriant. Il me demande si j’aime la biere, je lui reponds que oui. Il m’en propose une a la rodoviara (gare des bus) a 6h30. Je pensais plutot prendre un jus d’orange, je decline l’invitation (jamais de biere avant 9h). On retrouve un autre guide avec deux touristes. On a 3 heures de bus vers Loiana et 40 mn de bateau avant d’arriver au campement. A chaque arret de bus, les guides se prennent une lata de cerveja (une lata, c’est une cannette, eux c’est plutot une latte qu’ils sont en train de se prendre!). C’est bien parti! Je reconnais a posteriori que dans la jungle sans frigo, ce sont des boissons comme un coca ou une biere bien fraiche qui manquent le plus apres quelques jours.
Le campement est situe au bord du fleuve. Il est constitue d’une petite hutte qui sert de cuisine et de maisons ouvertes sur pilotis a la toiture de palmes. Les hamacs y sont tendus. On dine un poisson delicieux avec du riz et des flageolets. Le poisson, c’est du piranha! j’aurais jamais imagine qu’il ait la chere si tendre et savoureuse. La 1ere nuit est fraiche, il pleut. La saison des pluies commence juste, je le craignais.

La journee, on part a la peche. La barque avance sur le fleuve, le tirant d’eau atteint parfois la limite de l’embarcation, je ne suis pas super rassure. Pas tellement pour les piranhas, c’est un peu un mythe, il ne me devorerait pas en 2 minutes, a moins que j’aie une petite coupure saignante. Ni pour les crocodiles, apparemment ils restent peinards au fond du rio toute la journee. Je crains plus pour mon materiel photo. On avance au milieu des arbres morts recouverts par le fleuve. Les niveaux d’eau peuvent varier de plusieurs metres en foret amazonienne (plus de 10 m a Manaus).
Le niveau est actuellement plutot bas, au commencement de la saison des pluies. L’equipement de peche : un fil, un hameçon leste et du poulet. J’apprends a lancer. Le soleil tape fort. On attend. Rien. On change d’endroit. Rien. J’ai les genoux qui commencent a cramer. Je n’ai pas l’impression qu’Antonio soit un pecheur ne, ses lancers paraissent aleatoires. Tiens, il a reussi a accrocher l’hameçon a un arbre en hauteur. Il essaye de le detacher debout avec la rame. Il va faire chavirer la barque bientot! Ouf, il l’a recupere. Apres quelques autres changements d’endroits et lancers aleatoires, mes genoux crament vraiment, je lui demande de rentrer. John, l’Anglais, autre seul touriste du campement, est deja rentre avec son guide et 6 poissons. Whaouuu, des vrais piranhas! frais mais deja morts. Quelle dentition impressionnante!
Discussion a la chandelle. Le soir est doux et agreable. Pas de moustiques. Cela est du au rio, plus proche du rio negro que branco. Il existe de nombreux types de fleuves avec des caracteristiques physiques et chimiques differentes dans l’Amazonie. Les fleuves blancs sont tres riches en poissons mais aussi en moustiques. Les fleuves noirs presentent moins de vie. La peche etait pauvre, mais au moins la nuit fut bonne.
Aujourd’hui on va marcher dans la jungle et dormir au beau milieu de la foret. On a 3h de marche. Le “chemin” est tenu, la vegetation humide et envahissante. Terrible! je suis la, dans l’enfer vert, un point insignifiant au milieu de milliers de km carre de vert.

Insignifiant dans ce regne vegetal et animal, domine par les mygales, serpents et leopards. Bon en fait, avant de voir un leopard, il faut se lever tot. Apres plusieurs semaines d’expedition au coeur de la foret, on peut avoir la chance d’en voir un. C’est incroyable comment l’implantation d’une ville comme Manaus en pleine amazonie a repousse les limites de la foret primaire profonde et de son habitat. L’homme ne laisse pas beaucoup de place aux autres especes. Donc pas de leopard en chemin. Avec la pluie, tout le monde rentre a la maison, il est encore plus difficile de voir quoi que ce soit. On entend souvent des branches craquer et des chants de volatiles improbables. Des aras volent a la cime des arbres. Je reussis a voir fugitivement un peu de rouge et de bleu.

Le campement dans la jungle est plus que sommaire. Une petite chute d’eau a proximite permet d’alimenter les casseroles. Je fais une sieste dans le hamac (activite amazone tres repandue) pendant qu’Antonio cuisine.
La pluie revient, des gouttent martelent mon visage. La toiture fuit completement. John m’a explique comment la pluie les avait surpris au milieu de la nuit, ça avait ete terrible. Je prefere donc rentrer dans l’apres-midi a la fin de cette pluie.

Au retour, je m’empetre dans deux marecages, je suis trempe jusqu’au ventre. On observe un cutia a l’arrivee au campement. Enfin une bestiole a pattes!

Le soir, on dine de nouveau des piranhas et du tucunare, tous les poissons sont delicieux (merci Denilson, l’aure guide, sinon c’etait surement que du riz!). Apres diner, autre point fort du periple, la chasse aux jacares. Ils quittent le fond du fleuve la nuit venue. Il est facile de les paralyser en les aveuglant avec une torche. Le coucher de soleil est superbe.

On longe les berges en scrutant les berges avec les lampes. On descend un peu, rien ne bouge. Un peu plus, ah! la, quelque chose est parti dans l’eau! Bon, rien de concluant. Les minutes passent. Antonio dit que c’est a cause la demi-lune, ils ne sortent pas. Je commence a me resigner, on ne verra pas de jacares.

Alors je regarde le ciel pendant qu’il persiste. Il est magnifique. Et des etoiles filantes! superbe! On retourne une nouvelle fois bredouille au campement. Soudain, une expiration puissante a l’arriere de la barque. Un boto!
J’ai entendu de nombreuses histoires et legendes sur ces dauphins d’eau douce a la tete hypertrophiee. La legende dit qu’ils se transforment en jolis garçons la nuit venue pour danser et courtiser les jeunes femmes. De nombreuses femmes se retrouvant enceintes sans pere disent qu’il s’agit du boto… Mais il semble qu’ils perçoivent en effet la presence de femme, en particulier de femmes en menstruation. Joao m’avait raconte que lors d’une expedition pour etudier le fleuve avec une collegue a lui (qui de fait etait en periode de menstruation), plusieurs botos avaient commence a attaquer la barque. Le risque qu’ils la fassent chavirer et emportent la fille n’etait pas negligeable selon lui. Ils avaient tout de meme reussi a rentrer. Ainsi, les femmes amazones apprendraient des l’enfance de ne jamais entrer dans le rio pendant cette periode. Les botos ne sont donc pas toujours amicaux. Pourtant, un ami de Sao Paulo m’avait explique qu’en nageant dans le fleuve, il avait ete protege des jacares par des botos, un peu comme pourraient le faire des dauphins contre les requins. Je me rappelle en avoir vu, des roses, sur l’Ucayali au Perou. Ils etaient venus a proximite de la barque et m’avaient paru amicaux. Il representait la un dieu, raison pour laquelle ils n’etaient pas chasse.


Cette fois, Antonio pense qu’il s’agit d’un boto femelle rouge, une espece agressive, et qu’elle pourrait bien nous faire chavirer. Il commence a me faire flipper, je prends la rame et on rentre rapidement dans la nuit. Les expirations s’eloignent.
Le lendemain, une nouvelle balade en barque ne nous permet pas de ramener de poissons, mais on peut voir de nouveau un couple de botos. Des botos gris, qui semblent cette fois nous fuir. Plutot rares pour cette epoque et cet endroit. Il semble au moins que mon guide attire les botos!
Il est temps de rentrer. Des pluies fortes rythment le retour en bateau moteur. Antonio, tu etais un pietre pecheur et pauvre chasseur, mais une bonne personne, on a bien ri. Tant pis, j’aurai pas mes photos avec un piranha ou un caiman dans les mains, mais c’etait tout de meme une aventure inoubliable.
VERS SANTAREM
Je prends un ticket pour le bateau vers Santarem. Le bateau part a 14h le lendemain. Je me ballade sur le port, visite le marche regorgeant d’epices de fruits de de bois, prend une agua de coco. (la dame devant moi parait fachee, je vous epargne les noms d’oiseaux qu’elle profere).
La journee se passe tranquillement. Je visite le centre d’etude sur la foret amazonienne avec Jaranda, une copine qui y travaille. Un Jacare! (j’ai pas reussi a eviter le reflet du grillage…), des singes, meme un paresseux (il etait tombe d’un arbre, le garde du parc l’a ramasse- completement apathique cette bestiole)! Enfin de la faune!

Et accessoirement la plus grande feuille du monde.

Le lendemain, je me pointe a 13h45 au port avec Jaranda. Le bateau est deja parti! pour une fois que quelque chose est en avance dans ce pays! Un marin me propose de rattraper le bateau avec une barque à moteur moyennant dinheiros bien sur. Je reussis a pas trop me faire pigeonner. Les adieux sont précipités, j’embarque avec lui. On accoste le bateau en route 10 mn plus tard, je monte a bord. Il existe 3 etages sur le bateau. En bas, les marchandises et les passagers qui ne vont pas dormir (bruit du moteur) ; pont intermediaire, autres passagers qui vont essayer de dormir, pont superieur : le bar. Le pont intermediaire est blinde, il faut que je trouve une place pour attacher mon hamac.

Je reussis a me suspendre entre et au-dessus de deux autres hamacs. En fait les hamacs se touchent et quand la fille du bas se retournait, ça me reveillait inevitablement.

Le bateau avance tranquillement sur l’Amazone. Le fleuve est immense, il charrie des troncs entiers dans des tourbillons boueux. Je flotte sur le plus gros volume d’eau douce du monde. Les averses erratiques parsement le ciel et le voyage. Le paysage devient vite lassant, pas de faune a observer non plus ici. La vie a bord s’anime. On discute avec les voisins, joue, lit, partage une boisson sur le pont superieur. On mange par petites tablees. Ma voisine de table s’appelle Damaris, une des seules jeunes a bord. On sympathise. Les repas sont toujours les memes, du riz, des flageolets et de la viande, mais c’est pas trop mal. On peut diversifier la nourriture en achetant des crevettes, des glaces, des fruits ou des gateaux aux vendeurs ambulants qui investissent le bateau a chaque escale. Des 20h les lampions rouges entrent en scene, la plupart des passagers vont dormir. Je continue a discuter sur le pont superieur, la nuit est douce.

Le reveil se fait avec le soleil vers 5h30. Apres un petit dejeuner sommaire, je retourne dormir. On arrivera a Santarem deja ce soir, vers minuit. Damaris m’a propose de passer la nuit dans la maison de sa famille. Je parle avec sa mere au telephone. Je ne savais pas ou aller, j’accepte.
Brésil, décembre 2007
Hi,
Please, j want to know the name an adress of the little travel agency you took for 3 days in the jungle or where she is ????
Tkank for every informations you coul give me
Waiting for your answer
Eliane
Par ABRAM Eliane le juillet 7, 2008
à 6:09
Hi!
My name is Jessika!
Par addessank le octobre 14, 2008
à 3:41