Publié par : tomadesailes | janvier 10, 2008

Dunes

BARREIRINHAS

Après quelques heures de “route”, le bus parvient à Barreirinhas, petite ville point de départ de visite du parc de Lençois Maranhenses (traduction : les draps du Maranhao, image liée aux dunes de ce grand parc national). Le parc est cité comme l’une des merveilles naturelles du pays.

A la descente du bus, on sympathise avec deux Brésiliens, Lise du Minas Gerais et Fernando de Sao Paulo. Ils parlent anglais ce qui facilite la conversation du groupe. Nous sommes rapidement encerclés par des rabatteurs qui nous proposent pousadas et tours de jeep. D’habitude je les évite et cherche par moi-même. Cette fois, il est assez tard et en groupe c’est commode. On en choisit un qui semble fiable et nous emmène en jeep dans une pousada déjà complète, puis une autre quasi complète. On partagera les chambres, en réussissant à converver un ventilateur par tête, crucial avec cette chaleur.

On s’installe puis sort faire un tour. Le guide nous a parlé d’une soirée forro au “Mélissa”, d’après lui toute la ville y sera. On marche en direction dudit bar, mais plus on approche, moins on entend la musique du concurrent sur la plage. Si toute la ville va au Mélissa, elle doit y aller beaucoup plus tard car pas un chat dans la rue. Par contre on croise pas mal de poney et de chien par ici. Un habitant ! La soirée du Mélissa a été annulée. Bon, tant pis, on se dirige vers la musique de la plage. Un arbre isolé, de quoi faire un peu d’exercice avant la danse. Toute cette énergie, je la dois au guarana Jesus ®

La bande de forro est sympathique mas pas top. Un chanteur et un gars au synthé qui fait toute la musique. Mais le cadre est bon : le bar en bois est une avancée sur le rio. On rentre se coucher après quelques chansons. Pas mal de moustiques dans le coin.

Barreirinhas est une petite ville principalement tournée vers le tourisme. Les routes de terres sont envahies par les 4×4 avec la musique au taquet, ce qui lui donne une atmosphère bien plaisante de repère d’aventuriers.

On se renseigne sur les possibilités de visite des 70 km du parc auprès de notre guide. On vote pour un tour en jeep vers les lacs.

Après la traversée du rio Preguiças en bac, on entre dans le parc national. On est pas les seuls, c’est certain. Mais il semble qu’on ait choisi les champions ! musique techno à fong dans la jeep, dépassement à l’arrache des autres jeeps et bonnes blagues.

On braille à chaque virage serré. Au point de départ des dunes, déjà 5 jeeps sont présentes.

Tout le monde descend. Le guide pointe une dune du doigt et nous dit : « allez voir là-bas si j’y suis ». Et ils y allèrent. Et ils marchèrent longtemps, trèèèèèès longtemps.

Bon en fait, la marche n’est pas bien longue mais fatigante. Surtout quand on fait des courses du genre « qui c’est qu’arrive en haut de la dune en premier ».

On passe un lac, deux lacs. Ils sont désespérément vides.

Pas de surprise : ces lacs se remplissent avec les eaux de pluie donc à cette période de l’année, en plein été, ils sont à sec. Mais un petit mètre d’eau verte – pas bleue comme sur les brochures- remplit tout de même le 3ème lac. C’est suffisant pour se rafraîchir, faire des galipettes et des sauts depuis les dunes. Bien fun.

Le coucher de soleil prévu est caché par les nuages (1ère frustration de coucher de soleil au nordeste, pas la dernière…). On rentre avec du sable qui crisse sous les dents. Il est temps de manger autre chose.

A Barreirinhas, la promenade en bord de fleuve est une succession de boutiques d’artisanat et de restaurants. On s’installe à la terrasse de l’un d’eux. Je commande un délicieux poisson sauce à la mangue.

Aujourd’hui, soirée reggae prévue au Mélissa. Nos guides du jour nous ont prévenu, ça va être bondé. Avant d’entamer la marche vers le fameux Mélissa, on se renseigne par précaution. La soirée a été annulée ! Décidément le mélissa c’est pas ça. A la place, une soirée forro dans un bar vers l’aérodrome. C’est loin, on se pose à la place principale de la ville pour boire un verre. C’est la même bande (enfin les deux mêmes types) qu’hier qui fait l’animation. Ça promet !

Demain, on voyage.On va de nouveau poursuivre notre route ensemble. On convainc les indécis de passer le nouvel an à Jericoacoara., qui semble un des must au Brésil. Ce qui justement inquiète aussi : on est le 29 décembre, on n’a pas de réservation et les quelques coups de fil passés confirment que tout est complet. On verra bien sur place…

Le réseau routier de la région n’est pas excessivement développé, et puisque l’on se rend d’un trou paumé à un autre trou paumé, ce trajet Barreirinhas-Jericoacoara restera le plus dantesque de mon voyage pour seulement 300 km à vol d’oiseau à parcourir.

1. Jeep de Barreirinhas à Jose Neves

On part vers 10h du matin pour 3h de jipe (un mot anglais récupéré à la brésilienne, yena des tas comme ça – un des plus poilant : X-burger, rien d’un plat surprise, car X se dit « chisse » en portugais, il s’agit donc du cheeseburger !) vers Tutoia.

Je me trouve sur le côté gauche et le chauffeur a une mauvaise tendance à raser les buissons de gauche. Les branches claquent de temps à autres, je m’en sors avec quelques égratignures. Le passage dans les dunes est marrant, la jeep s’ensable, on doit pousser.

photo

On reste dans l’arrière-pays, pas de mer en vue. C’est sec et assez pauvre. On croise des cavaliers, des motards, quelques maisons rustiques. Que peuvent-il bien faire ici, dans le sable…

Arrivés à José néves, on se restaure dans un petit restaurant familial où villégiaturent quelques couples d’oiseaux.

2. Bus de Jose Neves à Tutoia

On a seulement 1h d’attente pour le bus, c’est chanceux. La chaleur est étouffante. Je prends une, deux glaces. On grimpe dans le bus. La route goudronnée est tellement remplie de nids de poules que le chauffeur préfère rouler sur le bas-côté. Stratégie perdante, le bus crève. On s’installe à un de ces bars de route, au milieu de nulle part, le temps de la réparation. On sympathise avec un couple de gauchos (habitants du sud, vers Porto Alegre) qui vont également à Jericoacoara.

Le bus arrive vers 19h à la gare routière de Tutoia. Bad news : plus de bus vers Camocim, la ville la plus proche de Jeri. Le réveillon est dans deux jours. On peut pas rester planter là, il se passe rien dans cette ville. La moitié du groupe reste. Les Gauchos, Lise et moi on prend un taxi. Ce sera plus cher mais au moins on avance.

3. Taxi de Tutoias à Camocin

Le voyage en taxi est divertissant. On est excités de pouvoir continuer le périple vers Jericoacoara. Le chauffeur est tranquille ; on fait quelques réserves de bières, met la musique du portable de Lise et on est parti. Les 3h de route passent assez vite. Le taxi parvient à Camocim, petite ville agréable et animée. Jeri n’est accessible qu’en Jeep, il faut vraiment en vouloir pour l’atteindre. Le taxi nous dépose. Un bac s’éloigne de la rive avec une jeep à bord. On les appelle. C’est le dernier de la journée ! Il revient nous prendre.

4. Jeep de Camocin à Jericoacoara

Le bac, c’est plutôt un radeau qui avance à coups de bâtons. On traverse un large estuaire, puis on embarque dans la jeep. Derniers arrivés, derniers assis. Voire pas assis du tout. Un groupe de rockeurs occupe déjà l’arrière. Les filles sont devant. Je m’accroche debout à l’arrière. La jeep avance le long des plages. Les lumières de la ville s’éloignent. On est dans l’obscurité totale mais on entend les vagues s’écraser à quelques mètres. L’air est doux, j’ai la tête au vent, c’est agréable. Je pense à ce voyage, à ces compagnons de voyage qui ne seront jamais des amis et à mes amis de France avec qui je passais habituellement le réveillon, à ces derniers jours de 2007 qui aura été une année bien particulière.

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TOM A JERI

Enfin, Jericoacoara! Il est minuit et demi ! A peine 15 h de route pour 300 km!

Maintenant il ne reste plus qu’à trouver un endroit au dormir. Les pousadas sont complètes ou proposent une seule nuit pour un prix abusif. En s’éloignant du bord de plage, on trouve une maison avec une petite plaque de bois : « on loue des chambres ». On frappe à la porte. Une vieille femme nous ouvre. Elle nous montre la chambre et vire des poupées sur le lit. De toute évidence, c’est la chambre de la gamine qui dort dans le hamac à l’entrée. La situation n’est pas très confortable mais on s’en accomodera pour une nuit.

Le lendemain, on part à la recherche d’un logement pour 6 personnes. On trouve rapidement une petite maison à louer. Luis nous fait entrer : deux chambres, des matelas, le compte est bon et on a tout ce qu’il faut. On négocie un bon prix pour 5 jours. Cette fois, c’est Luis et sa petite famille qu’on vire… ils iront chez le beau-frère quelques jours pour le salaire moyen mensuel brésilien, c’est bien pour eux aussi. Les autres débarquent dans l’après-midi, avec les deux hollandaises qui nous accompagnaient depuis Barreirinhas jusque Tutoia. A 8 ça fera aussi l’affaire !

Enfin posés, on peut profiter de l’endroit. Jeri était un petit village de pêcheurs, en quelques années elle est devenue une destination touristique incontournable. Les touristes, brésiliens comme étrangers sont en nombre. Toutes les rues près de la plage sont envahies par les bars, restaurants et pousadas. Le village n’est cependant pas complètement dénaturé, avec ses petites rues de sable, ses arbres en fleurs et ses maisons colorées, il garde un charme certain.

La plage est blanche et large en marée basse, laissant quelques agréables piscines naturelles d’eau chaude.

Jéri attire pour ses plages de rêve, mais aussi pour le vent régulier et puissant qui y souffle : c’est l’un des meilleurs spots du Brésil pour le windsurf et le kite. Je me renseigne pour la location, les tarifs sont exorbitants.

Le soir, nous rendons visite à la star du coin, la superbe dune por-de-sol, la dune « couché de soleil » de 40 m qui trône sur la large plage. Comme de nombreux touristes, nous réalisons la rituelle migration vers le sommet de la dune pour venir observer le coucher de soleil. En y réfléchissant un peu, il s’agit en effet d’une singularité, l’océan Brésilien se situant généralement à l’est du continent.

En attendant le coucher de l’astre, on loue un sandboard avec Jacek. Les 40 m de sables bien pentus laissent quelques secondes de bonne glisse.

C’est bien différent de la neige, ça accroche moins, mais la pratique du snowboard aide. Les Brésiliens coupent la pente, je me permets quelques virages qui m’attirent la sympathie des loueurs de planche.

Par contre, pas de remontées mécaniques, le retour au sommet est épuisant.

Cette fois le pourpre attendu ne sera pas au rendez-vous, des nuages sont à l’horizon.

Aujourd’hui est le dernier jour de 2007. sensation curieuse. On s’amuse à se répéter les dernières choses qu’on fera de l’année.

On part se balader le long du littoral vers la pedra furada. (« la pierre percée »), autre star du littoral de Jéri. D’imposants cactus épinent des collines de sable et de pierres colorées.

La marche est assez courte, on atteint vite la belle arche de pierre rose qui baigne dans l’océan.

De retour à la maison, on prépare notre nouvel an. Fernando a cuisiné un délicieux plat au poisson et aux crevettes. Avec quelques cocktails, caipirinhas, caipifrutas au fruit de la passion, à la mangue (…) les discussions s’animent. On s’imagine notre nouvel-an en Europe, et porte un toast à l’heure du nouvel an européen avec les Slovenes, les Hollandaises et le Polonais, à 20 h locales !

On se dirige ensuite comme toujours vers le sommet de la dune, pour voir les feux d’artifices du nouvel an Brésilien. Tout le village est là, en groupe, en chantant, buvant, en criant. Il fait plutôt sombre, mais lorsqu’une petite fusée annonciatrice explose, on se rend compte que la dune est noire de monde. Les feux d’artifices sont modestes, mais vus depuis la dune a Jericoacoara avec un public tout acquis, ils font leur effet.

(hé oui on voit rien mais au moins on entend que c’est le barouf total!)

Le décompte est entonné. Ça y est 2008 !, tout le monde s’embrasse

Je m’attendais ensuite à une grande fête sur la plage, mais il semble que les bars du coin aient muselé l’affaire. On entre donc dans une boîte sympa en plein air pour terminer la nuit.

On prolonge notre résidence à Jéri les trois premiers jours de 2008. Les touristes repartent petit à petit, la plage se vide et le village retrouve son calme. Les barraquas de la plage ont moins de clients le soir et haranguent les groupes restants.

On programme un tour de jeep (ou ils appellent ça les jardinières en fait) vers lagoa, un lac dans les dunes à 1h du village. C’est joli oui, pas grand chose à faire à part se prélasser dans les hamacs plantés dans l’eau.

Le soir venu, on monte de nouveau à la dune.

Encore des nuages à l’horizon. En 5 soirs on n’aura pas réussi à voir un seul coucher de soleil. Mais il me semble finalement que ce soit normal. Ma théorie : sur cette pointe face à l’océan, on regarde vers l’ouest, qui est globalement vers l’intérieur des terres, plus précisément en direction de Manaus. Or lorsque je partais de Manaus, il commençait à pleuvoir toutes les fins d’après-midi, la saison des pluies arrivait. Il me paraît donc logique qu’il y ait des nuages à l’horizon ! maintenant en poussant la théorie, avec la courbure de la terre, l’horizon n’atteint peut-être pas Manaus, m’enfin…

Un dernier dîner ensemble et ce soir le groupe se dissout. Certains retournent à la maison, d’autres continuent la route, dans des directions différentes.

Plus de photos…

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FORTALEZA

Jeri est beaucoup plus accessible de l’Est que de l’Ouest. En deux bus et une nuit je suis à Fortaleza. Raquel m’accueille à la gare routière. Je l’avais rencontrée à Jeri, et propose de m’y héberger.

Elle habite une petite maison en périphérie, avec ses parents, sa sœur et son frère. On m’offre la chambre du frère. C’est assez gênant mais la seule forme de politesse est d’accepter.

Une amie de Raquel, Ana, reçoit un Italien en ce moment, Francesco. On passe les prendre en voiture et on se rend au centre de Fortaleza. Le bord de mer côté centre-ville est assez dégradé mais présentent quelques infrastructures visitables, comme cette promenade à quai.

Samedi, une rencontre du Couchsurfing (“le surf du canapé”, vous l’aurez compris, je le conseille réellement, le meilleur moyen de voyager et rencontrer d’autres voyageurs comme les habitants) est organisée. La place au centre du dragon de mer est pavée, entourée de bâtiments historiques, avec des bars et restaurants. Comme souvent, on ne mange pas réellement (et certainement pas un entrée-plat -fromage-dessert-café-liqueur), mais plutôt des portions, voire un plat, avec quelques bières. Les conversations habituelles sur les langues. Mon voisin, qu’on appelle Krieger (eh oui guerrier en allemand) veut partir pour l’Allemagne l’an prochain. Je suis étonné de voir les liens qu’à le Brésil avec l’Allemagne. S’il y avait une possible ressemblance, je dirais que la France (plutôt le sud de la France) pourrait avoir certains points communs avec le Brésil, à commencer par le climat. Mais l’Allemagne… Pourtant, il semble que plus de Brésiliens vont en Allemagne qu’en France pour étudier ou travailler. Sans doute le lien avec l’Allemagne est-il plus fort du fait des immigrations du Xxe s, et peut-être que les opportunités de travail y sont plus intéressantes. Par contre, on me répète que le Français est difficile à apprendre. J’acquiesce, mais pour un pays de langue latine, le Français est certainement plus facile qu’une langue celte. Enfin, j’ai pu voir beaucoup d’intérêt pour la langue française dans mon entourage. Les gens qui prennent des leçons ou désirent en prendre sont beaucoup plus nombreux que je l’imaginais.

On part ensuite à une soirée samba à quelques rues de la place. On commande un hamburger à un vendeur de rue au passage (recommandé par les Fortalezenses qui nous accompagnent, il faut reconnaître qu’il se débrouille bien le petit vieux).

Fortaleza a une vie nocturne très animée. Une soirée reggae ici, rock dans ce coin. La soirée samba est excellente. Un petit groupe anime un vieux bâtiment rempli à craquer. Raquel n’était pas sortie. Je rentre avec un taxi-moto.

La famille de Raquel est évangélique, très pratiquante. Je ne connaissais pas cette forme quasi ésotérique de l’évangélisme. Elle m’emmène dans une « réunion » d’évangélistes chez une amie à elle. On est une petite dizaine de personnes assises en cercle. Deux personnes influentes semblent mener les débats. Un frère, qui lâche un sermon sur la grandeur de Dieu, la nécessité de se rendre à lui et de se laisser guider par lui. Tout le monde ferme les yeux (sauf moi bien sûr sinon je ne le verrais pas…) en intense communion avec le prêcheur. Jusque là cela ressemble à une prière comme dans toutes les religions. Sauf que le prêcheur s’excite de temps à autre, tape du poing, crie des mots dans une langue étrange que les autres répètent. Puis l’attention se concentre sur la sœur de la copine à Raquel. Elle est en dépression depuis quelques mois. La famille est sans recours, il semble qu’elle soit possédée. Le prêcheur se lève et passe les mains autour du corps de la jeune fille comme pour l’exorciser. Je pense, la pauvre. Il se rassoit, ferme les yeux, parle ces mots étranges, puis interpelle une personne de l’assistance en lui révèlant la vision qu’il a eue sur lui. Vient mon tour. Une grande victoire se profile pour moi, peut-être sous la forme d’un travail (il n’a pas précisé l’année).

Le père de la souffrante devrait lui aussi avoir une victoire sur la maladie ; ce dernier fait alors part de son rêve où il combattait le diable. C’est bien mon frère tu te bats… Les visions sont coupées par les chants, emmenés à la guitare par une femme dynamique mais les voix ne sont pas vraiment justes.

La 2ème personne influente se lève et s’arrête quelques instants devant chaque personne de la ronde en parlant et passant les mains. Lui par contre, je ne comprends absolument rien à ce qu’il dit. Apparemment c’est normal, il parle une langue de l’esprit saint, une langue pour communiquer avec Dieu. Mouaif… il me dit que j’ai Dieu en moi, que cela se voit et se révèlera un jour. Huhu. La séance est levée. Je ne suis pas à fond, mais au final on ne me dit que des bonnes choses (prosélytisme ?) pourquoi ne pas adhérer ?

J’irai aussi à l’église évangélique avec Raquel (l’Italien fut convaincu, je me suis quasi fait traîner…).

Le pasteur parle bien, éloquent, il réussit à enflammer l’assistance. On apporte beaucoup d’importance aux textes, à la signification des mots, un peu trop, finalement. Mais une grande partie de la cérémonie est faite de chants, avec un orchestre quasi-pro, il faut reconnaître que ça tourne bien. Une amie de Raquel se met soudain à trembler et remue convulsivement la tête et les bras. Raquel m’explique que c’est une manifestation de l’Esprit Saint. Ça ressemblait à une crise d’épilepsie, un peu effrayant.

Les évangéliques sont en pleine croissance au Brésil. On peut comprendre que ce mysticisme et ce modernisme attirent en particulier les jeunes aux dépends d’une église catholique paralysée par ses rituels séculaires.

Les plages de Fortaleza sont belles et bien aménagées. La Praia do futuro, presqu’en ville, est bordée par les paillotes, souvent assez luxueuses. Les vagues sont fortes. Je m’essaye au surf avec la planche du frère de Raquel mais je me fais bien retourner.

Raquel nous emmène en voiture aux plages à proximité de Fortaleza, aux plages magnifiques de Cumbuco, et Beach Park. On discute, grignote un crabe (servi avec le petit marteau pour casser la carapace), prend une coco, se baigne. Les vagues sont plutôt imposantes sur ces plages.

En soirée, on profite de l’agitation fortalezense. Ce lundi soir, l’événement incontournable semble la soirée forro au Pirata bar, autoproclamée « la segunda feira (=lundi, les jours sont comptés ainsi ici, de la segunda à la sexta feira=vendredi, puis sabado et domingo, c’est logique mais il faut toujours sortir les doigts pour pas se planter) la plus folle de la planète ».

(à posteriori, les killing mondays de strasbourg étaient plus fous…)

Le lieu en plein air est immense, soigneusement décoré dans le style pirate, bien rempli de touristes. Des potes italiens à Francesco sont fraîchement arrivés de l’aéroport. Ils se délectent rapidement de la présence de Brésiliennes – pas vraiment terribles mais l’une d’elle baragouine l’italien. Je vais à la scène où la bande de forro enflamme le public.

Je reviens une heure plus tard vers le bar. Il semble que la discussion soit un peu plus tendue du côté des Italiens. Je vais voir ce qu’il se passe. Les filles leur demandent de l’argent pour prolonger la compagnie. Ah ! ils se sont fait avoir, mais il faut reconnaître que ce n’est pas toujours facile de faire la différence. Il semble d’ailleurs que l’un d’eux, résigné après l’annonce de la mauvaise surprise, s’accommodera de la relation vénale…

Je quitte Fortaleza et Raquel pour continuer ma route le long de la côte vers le Sud-Est. J’aurais passé un séjour très agréable dans la capitale du Céara, avec beaucoup de soleil et de plages, et surtout grâce à une grande amitié avec Raquel.


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