ma regrettée montre
Coup-bas dans la citée basse
Salvador de Bahia, me voilà ! je me rends directement vers le Pelorinho, le vieux quartier touristique de la ville. Je trouve un quarto, une chambre très bon prix pour cette période du carnaval. De jour, je voyais que c’était un quartier populaire et animé, de nuit ça me semblait bien moins sympathique. Le problème du Pelorinho, c’est que sorti des rues principales propres et touristiques gardées par un bataillon de police tous les 100 mètres, on est quasi dans la favela. Mon quarto se situait en contrebas du Pelo, la cidade baixa (citée basse) à la limite extérieure du périmètre touristique on va dire. Un soir, de nuit vers 19h, j’ai voulu couper la route pour rentrer chez moi. Mauvaise idée. A peine sorti de la route principale, je croise une dizaine de gars assis sur le parvis d’une église. Ils m’interpellent, je passe mon chemin. Je vois qu’ils se lèvent et viennent vers moi, mieux vaut ne pas s’échapper plus bas ce sera pire. J’ai mon sac avec mon gros appareil photo, je me mets dos au mur pour le protéger. Ils me bousculent un peu, je vois dans leurs yeux qu’ils sont défoncés au crack. Deux gars passant par là les interpellent, je réussis à les écarter et à rejoindre le quartier sécurisé. Ils me disent que je dois pas aller par là, c’est dangereux. Oui maintenant je le sais en effet. Dans la “discussion ”, ils m’ont pris ma montre à R$ 8 (3€) une imitation de la déjà cheap casio, un moindre mal !
Je décide de ne pas rester à Salvador, je ne m’y sens pas à l’aise. La perte de ma montre (hehe pas vraiment, plutôt l’atmosphère agressive du Pelo), la mauvaise nouvelle venant de Manaus, je ne suis pas dans l’esprit du carnaval. Je me sens seul dans cette foule joyeuse impatiente de fêter l’événement.
J’ai 4 jours d’avance sur le carnaval. Je vais changer d’air à la Chapada Diamantina, un parc naturel à 6 h de salvador. Des vallées verdoyantes, des grottes, des chutes d’eau, un lieu où la nature appelle à la sérénité, et ça va me changer des plages. Je saute dans le bus de nuit et arrive au petit matin à Lençois, la ville la plus pratique pour explorer le parc naturel.
De l’air, de l’eau et des diamants
Le nom de Lençois (les draps) a été donné à la ville en raison de son apparence à l’époque où elle n’était qu’un grand campement de chercheurs de diamants fin XIX, enfin plutôt un camp d’esclaves venus d’Afrique. Il existe quelques histoires d’esclaves libérés après avoir trouvé un gros diamant, beaucoup plus d’esclaves torturés après avoir tenté d’en voler un. Et donc, le nom du parc vient des diamants qui se trouvaient en quantité dans les rivières auparavant. Il faut maintenant utiliser des foreuses. Mais en parcourant les rivières, on espère toujours avoir la chance de trouver un petit caillou brillant !

je confirme, c'en est bien un!
Le soleil n’est pas encore levé lorsqu’on débarque du bus. Des rabatteurs nous accueillent. On discute un peu puis suit l’un d’eux vers l’auberge “les lutins ”. Pas de lit disponible pour l’instant, je vais somnoler dans un hamac. Un bruit sourd me réveille. Une mangue vient de tomber à 1 m de moi ! Après un solide petit déjeuner (mangue comprise), je pars dans la voiture d’un couple australo-brésilien de l’auberge et un guide.
On se dirige d’abord vers la gruta Torrinha, une grotte accessible après quelques km de chemins. Un guide nous accueille et nous mène dans une grande caverne. Fin de l’histoire ? non, une faille, découverte par une équipe française grâce au courant d’air, révèle 14 km de galeries !

entrée de la grotte Turrinha
Les formations géologiques sont nombreuses et riches avec des fleurs de pierre et quelques attractions particulières : un pied de canard, le fantôme casper, des pingouins qui s’embrassent (un peu tiré par les cheveux non ?), le visage du christ… et la super-star : une sorte de stalactite qui se termine en une fleur. Une formation improbable et unique au monde.

"le visage du christ"

les pingouins

Casper

la super-star
La chaleur était étouffante dans la grotte. On passe ensuite se rafraîchir dans la gruta azul, où une rivière souterraine voit le jour. De nombreux poissons et des couleurs bleu vives donnent un joli spectacle.
En fin de journée, on entame l’ascension du mont du Pai Iniacio, un des plus hauts pitons rocheux du parc.

Pai Iniacio
Le mont doit son nom à l’esclave qui voyait en secret la fille du grand propriétaire. Lorsque ce dernier a découvert la combine, il a envoyé une troupe à la poursuite du pauvre qui se serait retrouvé bloqué au sommet et se serait jeté dans le vide, mais aurait finalement échappé à la mort en tombant sur un décroché de la falaise. La vue est superbe, ça me fait penser au Verdon. On aperçoit aussi ici les dégâts des feus dévastateurs et de quelques colonnes de fumée apparaissent d’ailleurs au loin.

du sommet du Pai Iniacio
L’auberge est excellente, j’y rencontre des jeunes du monde entier. On sort le soir dans les petites rues de Lençois pour participer à la fête du Saint patron, protecteur des mineurs, qui a lieu en ce moment. La ville est agréable et animée, la température douce, moins chaude qu’à Salvador.
Le 2ème jour on fait une randonnée avec un groupe de l’auberge vers la cachoeira do Sossego, la chute d’eau du “repos”. Le guide était peut-être pas indispensable, mais il est cool et le petit groupe avec deux filles Suisses et des Brésiliens est sympa.
Une bonne partie de la randonnée se passe dans le lit de la rivière. Attention aux trous !

rivière da chapada

le guide dans un trou!
Des grands rochers colorés, des toboggans et des piscines naturelles sont sur le parcours. On arrive alors à une jolie cascade avec un bassin entouré de falaises. Oui l’endroit est paisible et mérite bien son nom. On pique-nique, fait un somme, se baigne, plonge… puis revient vers l’auberge.

cachoeira do sossego
La Chapada Diamantina offre encore beaucoup de randonnées magnifiques et des cascades fantastiques (le clou est la Fumaça, mais il n’y coulait pas d’eau à cette époque). Avec en plus un repère dans une ville de Lençois jolie et animée, j’ai adoré cette étape. Je m’y serai plus attardé si le carnaval n’était pas aussi proche…

relax a la cachoeira do sossego