Les coups de sifflets troublant mon sommeil, je me décide à écrire la petite aventure de la soirée en musique, un petit privilège accordé par mon notebook, qui ne va pas durer longtemps vu la batterie médiocre de l’instrument.
Toute la ville est noire. Pas de feux rouges ni de lampadaires dans les rues, seules quelques tours média ou entrées d’immeuble émettent les lumières blafardes alimentées au générateur.
On était dans un bar de vila Mariana, sud de Sao Paulo, quand la lumière a commencé à faiblir puis a s’éteindre. Suivie d’une hourra mélange d’excitation et de mécontentement a se retrouver dans l’obscurité. La bonne humeur préside quelques blagues fusent « hé faut pédaler plus vite les petits boliviens au sous-sol ». On regarde dans la rue, tout le quartier est plongé dans le noir. La lumière revient pour 5 min, puis disparaît de nouveau. On jette encore un cri , plus étouffé cette fois, avec la conscience que ça risque de durer ainsi un moment. Dans l’immédiat, le problème majeur est l’impossibilité de servir le 2eme Chopp bien frais promis (soirée 2ème chopp offert). Heureusement le bar propose aussi des bières en bouteille.
Les nouvelles arrivent par portables, ce n’est pas le quartier mais apparemment tout Sao Paulo et même Rio de janeiro qui sont dans l’obscurité. Les deux plus grandes villes pays, plusieurs dizaines de millions de personnes. Incroyable. Un problème au barrage d’Itaipu sans doute, le plus grand barrage du monde qui alimente une bonne partie du Brésil en électricité.
Après un petite heure dans l’obscurité, on s’organise pour rentrer. La CB ne passe pas, heureusement j’ai du cash. Sans métro, j’ai aussi la chance de trouver une carona avec une copine qui habite près de chez moi.
On passe les rues noires, ralentissant aux croisements sans feux où l’anarchie regne. Des groupes agités se forment aux arrêts de bus, quelques personnes courent prises de panique. Un parfum de fin du monde (un brin enivrant) a saisi la ville entière.
Sao Paulo, la ville qui ne dort pas, sera forcée au sommeil cette nuit. Moi je trouve cela amusant. Jusqu’à arriver au pied de l’appart. La porte d’entrée électrique ne s’ouvre pas, je dois faire le tour par la porte du garage. Puis sans ascenseur évidemment je dois me taper les 11 étages a pied. Je vais me coucher a la lumière du cellular. Encore une chance que la batterie de celui la va résister jusque demain. Malheureusement, la préfecture a enfin mis les moyens au carrefour stratégique en bas de mon appart avec un type donnant des coups de sifflet stridents pour réguler la circulation…
Ce petit événement fait réaliser que malgré les titres honorifiques récemment gagnés par le géant d’amérique du sud en fort développement économique, on se retrouve bien ce soir dans le genre de plan a l’arrache d’un pays du tiers-monde. On aura pu voir les photos de copacabana dans le noir en page de nombreux journaux internationaux et les critiques sur le temps de réponse des pouvoirs publics (nombreux vols et accidents), les villes n’étaient pas préparées à un événement de cette ampleur. Allez, d’ici 2014, le problème sera résolu (on va pas éclairer la finale de la coupe aux bougies).