CHAPADA DIAMANTINA
De l’air, de l’eau et des diamants
Le nom de Lençois (les draps) a été donné à la ville en raison de son apparence à l’époque où elle n’était qu’un grand campement de chercheurs de diamants fin XIX, enfin plutôt un camp d’esclaves venus d’Afrique. Il existe quelques histoires d’esclaves libérés après avoir trouvé un gros diamant, beaucoup plus d’esclaves torturés après avoir tenté d’en voler un. Et donc, le nom du parc vient des diamants qui se trouvaient en quantité dans les rivières auparavant. Il faut maintenant utiliser des foreuses. Mais en parcourant les rivières, on espère toujours avoir la chance de trouver un petit caillou brillant !

je confirme, c'en est bien un!
Le soleil n’est pas encore levé lorsqu’on débarque du bus. Des rabatteurs nous accueillent. On discute un peu puis suit l’un d’eux vers l’auberge “les lutins ”. Pas de lit disponible pour l’instant, je vais somnoler dans un hamac. Un bruit sourd me réveille. Une mangue vient de tomber à 1 m de moi ! Après un solide petit déjeuner (mangue comprise), je pars dans la voiture d’un couple australo-brésilien de l’auberge et un guide.
On se dirige d’abord vers la gruta Torrinha, une grotte accessible après quelques km de chemins. Un guide nous accueille et nous mène dans une grande caverne. Fin de l’histoire ? non, une faille, découverte par une équipe française grâce au courant d’air, révèle 14 km de galeries !

entrée de la grotte Turrinha
Les formations géologiques sont nombreuses et riches avec des fleurs de pierre et quelques attractions particulières : un pied de canard, le fantôme casper, des pingouins qui s’embrassent (un peu tiré par les cheveux non ?), le visage du christ… et la super-star : une sorte de stalactite qui se termine en une fleur. Une formation improbable et unique au monde.

"le visage du christ"

les pingouins

Casper

la super-star
La chaleur était étouffante dans la grotte. On passe ensuite se rafraîchir dans la gruta azul, où une rivière souterraine voit le jour. De nombreux poissons et des couleurs bleu vives donnent un joli spectacle.
En fin de journée, on entame l’ascension du mont du Pai Iniacio, un des plus hauts pitons rocheux du parc.

Pai Iniacio
Le mont doit son nom à l’esclave qui voyait en secret la fille du grand propriétaire. Lorsque ce dernier a découvert la combine, il a envoyé une troupe à la poursuite du pauvre qui se serait retrouvé bloqué au sommet et se serait jeté dans le vide, mais aurait finalement échappé à la mort en tombant sur un décroché de la falaise. La vue est superbe, ça me fait penser au Verdon. On aperçoit aussi ici les dégâts des feus dévastateurs et de quelques colonnes de fumée apparaissent d’ailleurs au loin.

du sommet du Pai Iniacio
L’auberge est excellente, j’y rencontre des jeunes du monde entier. On sort le soir dans les petites rues de Lençois pour participer à la fête du Saint patron, protecteur des mineurs, qui a lieu en ce moment. La ville est agréable et animée, la température douce, moins chaude qu’à Salvador.
Le 2ème jour on fait une randonnée avec un groupe de l’auberge vers la cachoeira do Sossego, la chute d’eau du “repos”. Le guide était peut-être pas indispensable, mais il est cool et le petit groupe avec deux filles Suisses et des Brésiliens est sympa.
Une bonne partie de la randonnée se passe dans le lit de la rivière. Attention aux trous !

rivière da chapada

le guide dans un trou!
Des grands rochers colorés, des toboggans et des piscines naturelles sont sur le parcours. On arrive alors à une jolie cascade avec un bassin entouré de falaises. Oui l’endroit est paisible et mérite bien son nom. On pique-nique, fait un somme, se baigne, plonge… puis revient vers l’auberge.

cachoeira do sossego
La Chapada Diamantina offre encore beaucoup de randonnées magnifiques et des cascades fantastiques (le clou est la Fumaça, mais il n’y coulait pas d’eau à cette époque). Avec en plus un repère dans une ville de Lençois jolie et animée, j’ai adoré cette étape. Je m’y serai plus attardé si le carnaval n’était pas aussi proche…

relax a la cachoeira do sossego
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CAMPOS DO JORDAO
La ville de Campos do Jordao est située à 3h de bus à l’intérieur Sao Paulo, dans la Serra Mantiqueira en altitude. Je décide d’y aller prendre un peu d’air – frais- de la montagne un week-end avec une amie paulista. En descendant du bus, le contraste est en effet saisissant. Le panneau d’information affiche 7°C, mon record de froid au Brésil.
On se dirige vers Capivari, le centre touristique. Avec ses imposants chalets en colombage Capivari ressemble étonnamment à un village suisse. Il s’agit avant-tout d’un modèle importé par les colons allemands. Les toits ultra-pentus ne présentent cependant pas grand intérêt ici où il ne neige jamais.

Il semble difficile d’obtenir un hébergement bon marché ici. Il est déjà tard, on ne veut pas trop marcher. On trouve un hôtel avec du charme (la Bretagne, m’enfin c’est juste pour le nom en français, c’est chic), tout en bois avec des petites chambres bien aménagées. Pas de chauffage, je me glisse sous trois couvertures.
On fait un petit tour organisé dans la commune de Campos. On s’arrête à une cascade aménagée plutôt modeste (je deviens un spécialiste de la cascade brésilienne et celle-là n’est pas vraiment un hit). Le « petit train de la joie » sillonne sous la pluie sur les routes en lacets, au passage desquelles le guide nous montre les superbes priorités de tel chanteur ou de telle actrice.

Nouvel arrêt à une chocolaterie. Tiens, super l’écureuil, une bonne occasion de faire le touriste, allons-y.

En fin d’après-midi, on parcourt Capivari. Les chocolatiers sont légion (j’avoue préférer le chocolat européen, voire mieux le belge !, le chocolat brésilien est toujours au lait, un peu fade), les boutiques de luxe se succèdent le long des petites rues. Campos do Jordao est connue pour son chic « suisse », où les Paulistanos aisés se rendent le week-end, particulièrement l’hiver, pour déguster une fondue, ou une bonne bière allemande (14°, ça réchauffe autant qu’un chocolat chaud !)
Le lendemain, nous grimpons dans le train qui relie la ville a Santo Antonio do Pinhal dans la vallée. La ligne ferroviaire avait été créée à l’époque des épidémies de choléra pour permettre aux malades de la vallée de venir se faire soigner dans les hospices de Campos, les meilleurs hôpitaux de la région. La ligne est la plus haute du pays, passe jusqu’à plus de 1700 m d’altitude (on remarquera cependant que les lobbies automobiles et les vendeurs de camions ayant réussi à empêcher le développement du train au Brésil, le nombre de lignes ferroviaires est bien limité). Le train traverse de jolies forêts d’Araucarias embrumées. L’Araucarias est une espèce locale de pins très présente par ici, elle en est devenue le symbole de la ville.

Pour la vue, c’est un peu raté avec ces gros nuages. A la gare avant de faire demi-tour, on visite une serre d’orchidées, dont une espèce avec une odeur de chocolat ! (au lait fade).

Le plus étonnant que nous ayons vu à Campos surgit lors du voyage retour en train : un toucan ! mais que fait-il ici avec ses superbes couleurs vives, au milieu des arbres qui commencent à perdre leurs feuilles… (damn it ! pas de photo de ce spécimen)
Retour sur Sao Paulo. Un grand dépaysement. J’aurais réussi à avoir froid au Brésil. Ce sera mon approche de l’hiver européen pour cette année.
heureuse de savoir que nous sommes aller dans pas mal d’endroits en commun. Je ne sais pas si vous avez vu à la Gruta da Torrinha (là où il y a avait la tête du Christ), la fleur de Cristal (fleur d’aragonite). je vous demande ça parce que j’aimerais savoir comment celle_ci c’est formée… malheureusement, je n’arrive pas à trouver d’informations….Donc ba si vous en savez quelques chose, merci de me répondre.
PS: ça n’a pas d’importance mais personnellement, la cachoera de Sossego étaient pour moi une des plus magnifique…mais aussi celle de Fumassa (à côté de Capao)
Par Suzanne le novembre 23, 2008
à 2:22
nope, pas plus d’info, cette aragonite semble etre une anomalie unique au monde…
fumaça semblait terrible, mais pas d’eau quand j’etais par la-bas!
Par tomadesailes le décembre 11, 2008
à 8:49