carnaval do Brasil

RECIFE – OLINDA deja dans le carnaval

les deux tours, à Recife

les deux tours, à Recife

La ville de Recife, la capitale du petit état du Pernambuco, est l’une des 10 plus grandes villes du Brésil. La cité historique d’Olinda, plus touristique, la côtoie perchée sur sa petite colline. Recife présente aussi un

centre historique et de belles plages comme celle de Boa Viagem, même si elle n’est pas réputée comme destination balnéaire. On peut en effet patauger pour se rafraîchir, il est par contre fortement déconseillé de s’éloigner du rivage.

attention tubaraon!

attention tubaraon!

J’ai entendu deux théories expliquant la présence des requins à Recife: une prône que le port de Recife a été construit à l’emplacement même du repère des requins et que depuis ils erreraient le long des plages comme des âmes en peine – voire en quête de vengeance ; la seconde est que l’énorme industrie de poissons près du centre-ville rejette des tonnes de déchets qui attirent les prédateurs. Mon cartésianisme me fait pencher pour la seconde explication…

Je rencontre par hasard les potes de Pipa dans un supermarché. Je les suis vers Olinda, où ils logent, dans une auberge. On visite la superbe ville coloniale, construite sur une colline face à la mer avec des rues pavées sineuses très pentues, de nombreuses églises du XVI et XVII è.

Celles à une tour sont des radins Portugais qui payaient un impôt sur les tours, à deux tours sont généralement de construction hollandaise. Une loi empêchait les esclaves d’aller au-delà du clocher, ce qui explique que ces tours soient situées dès l’entrée de l’église. On visite également la place du marché aux esclaves, maintenant marché à bibelots . Sentiment étrange et gênant d’imaginer que des Blancs y vendaient des Noirs y a pas si longtemps.

monastère dOlinda

monastère d'Olinda

Le soir, la terça-negra, une nuit dédiée aux rythmes africains en plein coeur de Recife. Une fois la représentation terminée, tout le monde se dirige vers une autre partie du centre historique où la soirée enchaîne avec des concerts de reggae. Recife est bien vivante!

Pré-carnaval Recife : soirée au internacional clube

Le carnaval se prépare longtemps à l’avance. Il existe toujours des événements de pré-carnaval jusqu’à un mois avant son commencement. Le samedi soir, Eva nous emmène au internacional clube de Recife où une soirée avec concerts est organisée. Bon c’était une soirée déguisée, on ne le savait pas. L’endroit est immense, bien rempli et multicolore. On met dix minutes pour traverser la salle et approcher la scène où on retrouve des amis d’Eva.

L’ambiance est incroyable. Tout le monde chante et danse. Il fait aussi une chaleur insupportable, j’en trempe la chemise. La première partie est assurée par un chanteur de forro, une star dans le coin (mais je sais plus son nom).

Encore une dose de “beber, cair et levantar ” (boire, tomber, se lever), une chanson que j’ai écoutée plus de mille fois dans le Nordeste. Je croyais naïvement que le refrain de la chanson était “vamos embora, no mar, beber, cair et levantar ” (allons à la mer…) mais c’est bien “vamos embora, num bar ”. Ces chansons populaires de forro sont généralement limitées au registre des filles et de la picole.

Des amis à Eva le connaissent et nous font rentrer dans sa loge avec la copine vénézuélienne pour nous permettre de prendre une photo avec lui.

les rois du forro!

les rois du forro!

En seconde partie Elba Ramalho, une star nationale, reprend des grands titres de carnaval. On abandonne la proximité de la scène où on se fait écraser dans tous les sens. Je trouvais le 1er chanteur plus enjoué, et c’est notre pote maintenant !

Pré-carnaval d’Olinda

Olinda (Recife au loin)

Olinda (Recife au loin)

x

xOn passe l’après-midi au pré-carnaval d’Olinda, le plus connu du Brésil avec Salvador et Rio. Même si le carnaval est une immense fête populaire de musique et de danse dans tout le Brésil, les spécialités dominantes sont bien différentes : celle de Rio est le défilé des écoles de samba dans le sambodromo. Salvador est principalement un carnaval de trilhos electricos (camions aménagés) où les artistes les plus connues du Brésil défilent dans les rues. Olinda est plus traditionnelle, avec des groupes de frévo et de percussions de maracatu paradant dans les petites rues comblées d’une foule joyeuse, comme c’est le cas aujourd’hui.


shrek est au carnaval
shrek est au carnaval

Beaucoup de personnages particuliers défilent : les marionnettes géantes, où on trouve Shrek, un surfeur, comme un personnage politique,

l’homme de minuit, le roi du carnaval, un grand gars avec chapeau de forme qui imite les marionnettes balançant leurs grands bras inarticulés (lui-même a sa marionnettes poupée géante)

je suis en caboclo

je suis en caboclo

les caboclos, personnages métis avec lances et cheveux colorés, héritiers des rites afro apparaissant dans les groupes de percussion maracatu

les groupes de frévo avec des filles qui se contorsionnent en faisant tourner leur petit parapluie multicolore

danseurs de frevo

danseurs de frevo

une copine d’Eva défile dans une troupe de frévo.

frevo pernambucano!

frevo pernambucano!

(L’arc-en-ciel sur mon chapeau de paille n’est pas un signe de gay friendly attitude mais le symbole du Pernambouc, ce petit état dont la capitale est Récife)

On avance dans les petites rues, la nuit tombe mais la fête ne s’arrête pas. Des bousculades au passage d’un groupe de maracatu qui occupe une bonne partie de l’étroite rue. Beaucoup de carnavaliers commencent à s’amasser en-dessous du balcon d’une maison historique. La maison d’Alceu Valença, un ambassadeur du carnaval d’Olinda qui donne un concert gratuit ce soir! Il interprète une chanson hymne du carnaval, le pirata José, avec la princesse et le marin :

"Um marinheiro chegou
No carnaval de Olinda
Em busca do seu grande amor
Uma Princesa tão linda..."

J’avoue que rester pour le carnaval d’Olinda me semble plus que tentant après cet avant-goût détonnant. Mais il reste 10 jours avant son commencement, que vais-je faire en attendant ? Autant poursuivre la route vers le carnaval de Salvador, mon premier objectif, et s’arrêter au passage à Maceio.

les rues dOlinda au carnaval

les rues d'Olinda au carnaval

Plus de photos…

————————————————–

SALVADOR DE BAHIA

Je reviens vers Salvador, finalement pas tellement reposé mais prêt pour le carnaval. Je me rends à la maison d’Ericson du CS, à Itapoao, à environ 30 bornes du Pelorinho où j’étais auparavant. La plage est plus jolie qu’au centre de Salvador. Ericson habite avec sa famille et héberge pour le carnaval… une dizaine d’autres couchsurfers des USA, du Canada, d’Irlande, de Suisse, de Hollande, d’Allemagne, de Corée et d’Australie!

la bande du carnaval chez Ericson

la bande du carnaval chez Ericson

Ce soir, le 1er jour du carnaval, Ericson a organisé le coup : on aura une abada , le t-shirt spécial d’un groupe qui va défiler. Le principe : avec l’abada, on est à l’intérieur des cordes derrière le « trilhos eletricos», un bus aménagé qui progresse lentement dans les rues en emportant à bord un groupe de musique. Les cordes sont tendues et bien gardées par des centaines de cordeiros. De l’autre côté des cordes, c’est le carnaval a pipoca, ce qui veut dire pop-corn. On comprend vite pourquoi : la place laissée à la pipoca est bien faible et s’y croisent les vendeurs de boissons, les carnavaliers qui tentent de suivre le trilho, les factions de policiers (il vaut mieux aussi éviter de leur rentrer dedans) bref ça saute dans tous les sens. Les bagarres sont assez fréquentes, les voleurs sont à l’affût, mais de mon expérience le carnaval a pipoca n’est pas dangereux, il faut rester alerte c’est tout.

cordeiros et carnavaliers en abada

cordeiros et carnavaliers en abada

Enfin pour ce 1er jour, on est dans les cordes du bloco « siri com todi », sans doute le bloco le plus cheap du carnaval, 60 reais (25 €). Pour les artistes les plus connus comme Chiclete com Banana ou Ivete Sangalo, le prix de l’abada peut grimper jusqu’à 1000 reais.

Les filles personnalisent leur abada, une coutume du carnaval : décolleté, échancrure, un peu de couture pour avoir un abada plus féminin. On passe au poste essence acheter des boissons puis on prend le bus vers le quartier d’Ondina où se passe le carnaval ce soir, en bord de mer près du centre de Salvador.

La fête a déjà commencé dans le bus, où on chante et danse.

(et encore une couche de « beber, cair e levantar » cf. post sur Recife)

Des bouchons à l’arrivée vers Ondina. Du monde coloré plein les rues, les barracas à boissons et à hot-dog pullulent, la musique vient de partout, on sent ici un carnaval de grande dimension, le carnaval de rue le plus grand et le plus fou du monde, et je suis là !

On regarde passer les blocos jusqu’à ce le nôtre arrive. Le voilà ! on se jette sous les cordes ! on a beaucoup plus d’espace ici qu’en pipoca. On est aussi bien plus tranquille, pas de vols ni de bagarres à l’intérieur. J’ai donc pris mon appareil photo, le seul jour où je me suis dit que le risque était limité. On danse en suivant le bloco, on sort de temps à autre des cordes pour boire ou manger.

(désolé pour le sens et la qualité de la vidéo, c’est la chanson « Porque eu sou Brasileirooooo, eu sou do litoral, eu sou do mundo inteiro, eu sou do carnaval !!! »)

Il commence à tomber des cordes. Apparemment une tradition le 1er jour du carnaval. Mais là ça y va fort, une véritable pluie tropicale, les rues se transforment en torrents, hallucinant ! finalement ça rafraîchit, on continue à danser sous la pluie jusqu’au petit matin.

On rentre trempés mais on sera entré dans le carnaval en beauté !

Le jour, on dort assez tard, on va parfois à la plage d’Itapoa à 5 min de chez Ericson. Un jour je pars à la plage avec deux filles. Je mets mon portefeuille dans le sac de l’une d’elles. On va se baigner avec la Suisse. Lorsqu’on revient, on voit la Hollandaise tout affolée. Des gars se sont approchés et on essayé de prendre les deux sacs, elle n’a réussi à en retenir qu’un, le sien ! dommage, mon portefeuille est parti avec l’autre. Je n’avais pas grand-chose dedans, pas de carte bien sûr. Il y avait foule à la plage. Les gars ont attendu le moment opportun. On était donc surveillés comme de bons gringos, la sensation est désagréable à posteriori.

Le carnaval et les défilés de blocos reprennent dans l’après-midi. On y passera une fois, sous le soleil, c’est encore bien différent et tout aussi bon. En réalité, j’aurais aimé enchaîner un peu plus, en principe on ne dort quasiment pas dans ce carnaval, mais la maison d’Ericson est loin et l’inertie de groupe fit qu’on ne bougeait en général qu’à la nuit tombée.

Le rituel est le même : on passe au poste essence acheter des boissons (jolie association ! mais les débuts et fins de soirées dans les postos de gasolina sont communs au Brésil !), on prend le bus jusqu’au lieu du carnaval. Arrivés , on prend une « capeta » (cf. post « Jacuma ») dans une barraca pour chasser la fatigue et c’est reparti pour une nuit de danse. Lorsqu’on revient, on dort sur le canapé qui reste ou sur un matelas pour les chanceux.

Dans le quartier historique de Salvador, le Pelourinho, il existe aussi des blocos de percussions qui paradent dans les petites rues pavées, un peu comme à Olinda. On y passe un soir. Différent du défilé principal, plus populaire, plus black, encore plus bordélique. Aussi plus remplis de petits voleurs. Lorsqu’on se retrouve dans un bar surpeuplé avec un pote, on sent des petites mains nous fouiller les poches. Au début on les repousse puis finalement on laisse faire en rigolant, l’argent est bien caché.

filhos de Gandhi - Salvador (photo de Lise)

filhos de Gandhi - Salvador (photo de Lise)

Les Filhos de Gandhi, en hommage au Mahatma, sont un des groupes traditionnels défilant au Pelourinho, un groupe d’hommes vêtus d’un joli costume blanc et bleu avec des percussions d’un rythme appelé afoxé. Un des potes d’Ericson fait partie du défilé. Ils sont populaires auprès des filles … et disposent de nombreuses munitions : ces fameux colliers à perles bleues et blanches qu’on peut aussi acheter dans la rue, ils en ont des dizaines. Le principe du collier est de le mettre autour du cou d’une fille pour l’embrasser. La fille gagne le collier. Certains ont des méthodes moins académiques, en essayant d’embrasser les filles presque de force dans leurs gros bras. Par moment j’ai halluciné ! les jolies blondes germaniques du groupe devaient régulièrement s’échapper de l’étreinte de Brésiliens. Ça fait partie du jeu, on s’embrasse beaucoup au carnaval. Un Brésilien me raconte qu’un de ses potes uruguayens s’est retrouvé avec un herpès après avoir embrassé 30 filles, c’est aussi ça le risque ! Avancer avec le groupe, croiser une fille, la regarder dans les yeux voire lui offrir un collier, lui rouler une pelle, puis continuer à avancer, un rituel du carnaval. J’avoue avoir un peu du mal à être dans la rapidité de l’action, mais en tout cas ça donne des situations tordantes !

Je retrouve des potes du parcours avec qui je suis resté en contact comme Lise la Brésilienne depuis le presque tout début de mon voyage ou Adrien le Suisse rencontré à Pipa. Il est cependant bien plus facile de se perdre que de se trouver au carnaval. Surtout quand on est un groupe de quinze personnes. Considérant qu’un commande une boisson, une veut aller aux toilettes, une autre mange, un embrasse, une veut suivre ce groupe, … on a eu quelques moments d’inertie et bien sûr des pertes inévitables !

fin de soirée au carnaval de Salvador

fin de soirée au carnaval de Salvador

On se retrouve un soir dans un bloco « libre », sans les cordes. Une musique entraînante de axé passe au trilho. Tout le monde se met alors spontanément à sauter et courir dans un sens. on suit le mouvement. puis inverse le sens (avec quelques chutes au passage !). Délirant ! l’opération est répétée plusieurs fois, avec un véritable mouvement de foule. Un des meilleurs moments du carnaval !

Ce soir le bloco skol (marque de bière) avec Fat boy slim et David Ghetta est programmé. Des gros DJ qu’on ne veut pas rater. Le trilho arrive. Le son est bon, super tripant ! rien à voir avec les groupes typiques du carnaval mais ça donne ! la foule est présente, le pop-corn est comprimé ! On essaye de rentrer dans la corde, torse nu, ça peut peut-être passer ? on y est ! extra, on est comme ces types qui ont payé 150€ ! enfin 5 min sans bousculades ! 5 min pas plus… on est vite repéré et mis dehors. On réitère quelques fois la manœuvre.

Ces vidéos ne sont pas de moi, elles ont été prises depuis un camarote, une installation éphémère en hauteur le long des rues des défilés, parfois élaboré comme de réelles discothèques en plein air. Les camarotes permettent une option chère à ceux qui ne veulent pas se mêler à la foule, le carnaval des pépères.

Le traditionnel Arrastão (de arrastar, entraîner) clôt le carnaval ce mercredi. Ivete Sangalo et Carlinhos Brown, des super-stars au Brésil, vont défiler sur des trilhos electricos, sans abada et sans cordes cette fois ! Pas le temps de rentrer à la maison, l’ Arrastão commence à 9h. On va devoir occuper les 3 heures qui restent… on passe à la plage, mais le soleil est déjà trop fort à 7h ! impossible de trouver un coin à l’ombre. On se réfugie dans un bar, somnole sur la table. La musique a commencé, Carlinhos Brown, excellent ! on danse derrière le trilho, juste derrière pour être à l’ombre… mais la musique ou le soleil sont trop forts ! on résiste deux heures dans cette dernière folie du carnaval puis on rentre épuisé…

Praia do Itapoao

Praia do Itapoao

Je reste quelques jours après le carnaval, de quoi visiter le magnifique Pelourinho et profiter de la plage. Les plages à Barra et Ondina sont surpeuplées. Lorsqu’on s’éloigne vers Itapao et au-delà, les plages sont plus tranquilles et plus jolies.

plage de Barra- Salvador

plage de Barra- Salvador

coucher de soleil au Farol - Ondina, Salvador

coucher de soleil au Farol - Barra, Salvador

Le Pelourinho, la cité haute du quartier historique, présente d’innombrables églises et monuments au détour de petites rues pavées agréables à parcourir. La vue sur la baie de tous les saints est superbe depuis le Pelo. Un ascenseur (Elevador) permet aux piétons d’accéder facilement au port depuis le Pelo.

la Baie de tous les Saints, depuis lelevador Lacerda

la Baie de tous les Saints, depuis l'elevador Lacerda

Il n’est pas conseillé (je peux le dire ! cf. post « chapada diamantina ») de descendre à pieds depuis le haut du Pelo, car en dehors du quartier touristique sur le haut, qui a été restauré et au passage vidé de sa population originale, les rues entre la cité haute et la cidade baixa sont des coupes-gorges.

Baianas dans le Pelorinho

Baianas dans le Pelorinho

Plus de photos…

le Pelourinho - Salvador

le Pelourinho - Salvador

Répondre

Votre réponse :